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05/02/2016 01:33 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Brexit: Cameron en campagne à Varsovie face au scepticisme polonais sur ses propositions

Le Premier ministre britannique David Cameron a entamé vendredi à Varsovie une brève tournée à la recherche d'un accord censé maintenir le Royaume-Uni dans l'Union européenne, certains pays comme la Pologne rejetant le projet actuellement sur la table.

La Première ministre polonaise Beata Szydlo, qui a accueilli M. Cameron à Varsovie, avait déclaré la veille au Times de Londres que "telles qu'elles sont" les propositions concernant le changement des règles sur les bénéfices sociaux des travailleurs européens en Grande-Bretagne "ne sont pas assez bonnes" pour être acceptées.

Elle a demandé que ces bénéfices soient maintenus sans changement "pour les 700.000 citoyens polonais qui vivent et travaillent légalement actuellement en Grande-Bretagne".

Londres propose d'ouvrir ces avantages à ceux qui séjournent au Royaume-Uni depuis au moins quatre ans, alors que l'UE suggère de son côté un mécanisme de "sauvegarde" pour limiter les droits sous certaines conditions.

La proposition de compromis - qui prévoit également des garanties pour la City - présentée mardi par le président du Conseil européen Donald Tusk pour éviter un "Brexit" a suscité le scepticisme de plusieurs capitales, dont Varsovie.

- Compromis -

Cette absence de satisfaction jusqu'à présent peut être un signe que le compromis est équitable et équilibré, mais aussi présager qu'un accord sera difficile à obtenir lors du sommet européen prévu les 18 et 19 février, a-t-on indiqué de source proche des discussions.

Les propositions de Bruxelles prévoient aussi un "mécanisme" par lequel les neuf pays qui n'ont pas adopté l'euro peuvent faire part de leurs inquiétudes et recevoir "les assurances nécessaires" sur les décisions des 19 autres Etats de l'UE qui utilisent la monnaie unique.

Ce préaccord a été critiqué en Grande-Bretagne par les eurosceptiques et par la presse, à l'image du Daily Mail qui a dénoncé une "grande illusion".

De son côté, le président français François Hollande s'était dit mercredi opposé à toutes "nouvelles négociations" sur les demandes britanniques lors du prochain Conseil européen. Le préaccord doit être adopté en l'état, a souligné jeudi le ministre français des Finances Michel Sapin.

Vendredi matin à Varsovie, avant d'entamer ses pourparlers avec Mme Szydlo, M. Cameron s'est borné à affirmer que les réformes qu'il souhaite pour l'UE seraient "bonnes pour l'Europe, pour la Grande-Bretagne et pour la Pologne". Il a loué le "partenariat stratégique" avec Varsovie "face à la menace russe".

De son côté, Mme Szydlo a répété que la Pologne souhaitait que le Royaume-Uni reste dans l'UE, qu'il est "un partenaire stratégique très important" pour son pays, et que Varsovie appuie une bonne partie de ses propositions, comme la "dé-bureaucratisation" des institutions européennes.

Selon une source britannique, M. Cameron doit rencontrer aussi en privé à Varsovie Jaroslaw Kaczynski, chef du parti Droit et Justice au pouvoir, censé exercé une influence déterminante sur la politique du gouvernement et de la présidence.

Si un accord intervient entre Londres et le reste de l'UE au sommet prévu dans deux semaines, le référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union promis par M. Cameron aux Britanniques pourrait se tenir en juin.

Après Varsovie, M. Cameron doit également se rendre jeudi à Copenhague pour y rencontrer son homologue danois Lars Rasmussen.

via/mrm/phv