BIEN-ÊTRE
05/02/2016 09:33 EST

Une boulette de viande créée in vitro (VIDÉO)

La viande artificielle, le retour. Plus de deux ans après l'exploit du biologiste Mark Post de créer le premier steak artificiel, une start-up américaine, Memphis Meats, affirme avoir créé la première boulette de viande in vitro.

Dans une vidéo (à voir en tête d’article), le créateur de la société, Uma Valeti, explique avoir réussi à créer cette viande sans tuer d'animal et en polluant bien moins que pour la production d'une boulette de viande normale. Mieux, selon une testeuse : cela aurait le même goût que du vrai boeuf. Si on a du mal à croire sur parole la vidéo promotionnelle, visuellement, le pari est plutôt réussi :

Dans le Wall Street Journal, le PDG dévoile sa recette. Isolez des cellules de porc ou de vache qui peuvent se renouveler. Donnez à ces cellules des nutriments et de l'eau. Rajoutez du sucre et des minéraux. Faites revenir le tout dans un bioréacteur (un fermenteur) pendant 9 à 21 jours. Dégustez!

S'il est possible de créer cette viande à partir de cellules d'animaux sans avoir à les tuer, la start-up a également utilisé du sérum de fœtus de bœuf, pour faciliter le processus. À terme, précise le quotidien, Memphis Meats voudrait remplacer ce sérum par une alternative à base de plantes.

Viande de luxe

Uma Valeti est optimiste. La société envisage de vendre de la viande produite en laboratoire dans trois à quatre ans. Pourtant, le chemin à parcourir reste énorme. Pour produire 1 kg de viande in vitro, il faut compter 40 000 dollars. Ça fait cher la boulette. Et le frankenburger créé en 2013 avait coûté encore plus cher : 450 000 dollars.

Pour autant, Memphis Meats comme Mosa Meat (à l'origine du fameux burger) y croient. De même que Modern Meadow, une start-up américaine qui envisage même d'imprimer de la viande en 3D.

Il faut dire que les enjeux sont là. Rien qu'aux États-Unis, le marché de la viande représente 186 milliards de dollars par an. Surtout que si le problème du prix finit par être résolu, l'avantage écologique serait énorme. Selon Uma Valeti, la boulette de viande in vitro a un bilan carbone très intéressant : 90 % inférieur à celui d'une boulette classique. Quand on sait que l'élevage représente tout de même 5 % des émissions mondiales de CO2 et 40 % de celles de méthane, un autre gaz à effet de serre, on comprend mieux l'intérêt d'une viande in vitro.

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