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04/02/2016 19:18 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Australie: Black-out sur la question des passeurs payés pour refouler des réfugiés

Les autorités australiennes ont refusé vendredi de confirmer ou démentir les accusations selon lesquelles elles auraient payé des passeurs pour renvoyer en Indonésie des demandeurs d'asile se dirigeant vers l'Australie.

Ces accusations avaient été lancées par Amnesty International dans un rapport documentant deux cas.

Début décembre, le capitaine indonésien d'un bateau transportant 65 demandeurs d'asile avait déclaré devant un tribunal être retourné en Indonésie après avoir négocié avec la marine australienne et reçu 32.000 dollars qu'il a partagés avec les autres passeurs présumés.

Une commission d'enquête a été mise en place par le Sénat australien sur cette affaire. Elle a demandé vendredi matin au général Andrew Bottrell, chef des opérations au sein de la Force australienne de protection des frontières, si ces paiements avaient eu lieu.

"Cela touche au coeur des opérations (...) je ne suis pas en mesure de répondre à cette question", a répliqué le général.

"Nous ne confirmons ni ne démentons", a répondu quant à lui le secrétaire à l'Immigration et à la Protection des frontières, Michael Pezzullo, tout en affirmant que les opérations australiennes étaient légales.

L'Australie mène une politique très dure vis-à-vis des réfugiés, qui est vivement critiquée par les organisations de défense des droits de l'Homme.

Les bateaux de migrants sont systématiquement refoulés en haute mer et les demandeurs d'asile qui parviennent malgré tout à gagner les rives australiennes sont placés dans des camps sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle Guinée, sur l'île de Nauru, dans le Pacifique, et sur l'île Christmas, dans l'océan Indien.

Le gouvernement australien oppose le black-out aux médias enquêtant sur les "opérations" des forces australiennes contre les bateaux de migrants, ce qui est dénoncé par de nombreux organes de presse.

Pour Amenesty International, les preuves du paiement de passeurs par l'Australie pour renvoyer des demandeurs d'asile sont accablantes.

"Ce genre de paiement par les responsables australiens relèverait du crime transnational", a déclaré jeudi dans un communiqué Graham Thom, porte-parole d'Amnesty.

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