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05/02/2016 05:26 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Assange: un comité de l'ONU qui sort de l'ombre

Le groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire est brusquement sorti de l'ombre vendredi en demandant la libération du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Il avait pourtant déjà fait parler de lui en 2001 en dénonçant la surveillance de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi.

"Chaque année, des milliers de personnes sont arbitrairement détenues", indique le groupe de travail sur son site, qui est submergé par les plaintes reçues chaque année.

Toutes ne sont toutefois pas recevables. Au final, le comité ne se prononce que sur quelques dizaines de cas chaque année (56 en 2015) car les cinq experts du groupe, qui travaillent bénévolement, ne tiennent que trois sessions par an dont la durée est de 5 jours en général.

C'est en 1991 que la Commission des droits de l'Homme -- devenue depuis le Conseil des droits de l'Homme -- a créé le groupe de travail sur la détention arbitraire, face au développement inquiétant de telles pratiques.

Le mandat de ce comité est fondé sur "le principe selon lequel toute personne, où que ce soit dans le monde, a le droit de porter plainte".

Il précise en outre que le groupe doit "s'acquitter de sa tâche avec discrétion, objectivité et indépendance". Aussi, lorsque le cas examiné concerne un pays dont l'un des membres du groupe est ressortissant, ce dernier ne participe pas aux délibérations. Raison pour laquelle, dans le cas d'Assange - qui est Australien - l'experte australienne Leigh Toomey n'a pas pu participer aux délibérations.

En général, les experts se prononcent par consensus. Mais occasionnellement, comme cela a été le cas pour le fondateur de WikiLeaks, ils peuvent être amenés à voter. Sur les 4 experts chargés de délibérer sur le cas Assange, un seul - l'ukrainien Vladimir Tochilovsky - a estimé que la détention n'était pas arbitraire.

Les experts sont désignés, après consultations, par le président du Conseil des droits de l'Homme selon les critères de répartition géographique en vigueur à l'ONU. Leur mandat est reconduit tous les trois ans.

En 2001, ils avaient jugé arbitraire la "privation de liberté" d'Aung San Suu Kyi, qui était alors placée en résidence surveillée par la junte militaire birmane. Un an plus tard, elle avait obtenu la levée temporaire de son assignation à résidence, avant d'être à nouveau arrêtée en 2003.

Plus récemment, le 29 janvier dernier, le groupe de travail a confirmé que la détention de l'ancien ministre sénégalais Karim Wade, qui purge actuellement une peine de prison de six ans pour corruption, était arbitraire, après s'être déjà prononcé en ce sens en avril 2015.

En novembre 2015, ce même organisme avait également conclu que l'ex-dirigeant de l'opposition malaisienne Anwar Ibrahim, purgeant une peine de prison pour sodomie, était détenu "arbitrairement" et devait être libéré immédiatement.

Il y a quelques mois, en octobre dernier, les experts avaient également jugé arbitraire la détention du chef de l'opposition et ancien président des Maldives Mohamed Nasheed.

apo/cel