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05/02/2016 03:56 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Assange: la Suède "n'est pas d'accord" avec l'avis de l'ONU (gouvernement)

La Suède a déclaré n'être "pas d'accord" avec un comité de l'ONU qui a estimé que Julian Assange était "arbitrairement détenu" dans une lettre à l'organisation internationale, transmise vendredi à l'AFP.

"Le gouvernement n'est pas d'accord" avec le comité qui a appelé la Suède et la Grande-Bretagne à indemniser le fondateur de WikiLeaks, qui vit reclus dans l'ambassade équatorienne à Londres pour échapper à un mandat d'arrêt européen émis par des magistrats suédois.

"M. Assange est libre de quitter l'ambassade à tout moment et les autorités suédoises n'ont aucune prise sur sa décision d'y demeurer. M. Assange ne peut donc être vu comme étant privé de sa liberté du fait d'une quelconque décision ou mesure qu'auraient prise les autorités suédoises", a ajouté la diplomatie suédoise.

Par ailleurs, le gouvernement rappelle ne pas avoir "le droit (...) d'interférer dans une affaire en cours traitée" par la justice, en vertu de la séparation des pouvoirs.

"Nous avons fait notre possible pour permettre aux autorités suédoises de l'entendre dans l'ambassade, mais ça n'a pas été possible jusqu'à présent. C'est à l'Équateur et à Assange d'agir maintenant", a affirmé pour sa part le ministre suédois de l'Intérieur, Anders Ygeman à l'agence TT.

Des magistrats suédois essaient d'entendre M. Assange depuis plus de cinq ans à propos des accusations d'une trentenaire suédoise sur un viol qui aurait été commis dans la région de Stockholm en août 2010.

Elisabeth Fritz, l'avocate de la plaignante, s'est dite "soulagée" que la Grande-Bretagne et la Suède ne se sentent pas liées par l'avis de l'ONU, et a critiqué l'idée d'une indemnisation pour M. Assange.

"Qu'un homme visé par un mandat d'arrêt pour viol soit récompensé par des dommages et intérêts car il s'est tenu à l'écart de la justice pendant plus de cinq ans est injurieux et choquant envers ma cliente mais aussi envers les droits fondamentaux de toutes les victimes", a-t-elle écrit à l'AFP.

Vendredi, la Grande-Bretagne a rejeté "catégoriquement l'affirmation selon laquelle Julian Assange est victime d'une détention arbitraire", selon un porte-parole du gouvernement.

L'Australien de 44 ans a réclamé "la restitution de (s)on passeport pour regagner (s)a liberté de mouvement".

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