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05/02/2016 00:09 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Assange "abitrairement détenu", doit être indemnisé par la Suède et la GB (experts ONU)

Un comité de l'ONU a annoncé vendredi qu'il considère illégale la détention du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, qui vit reclus dans l'ambassade équatorienne à Londres pour échapper à un mandat d'arrêt européen, et demande à la Suède et au Royaume-Uni de le libérer et de l'indemniser.

"Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a été arbitrairement détenu par la Suède et le Royaume-Uni depuis son arrestation à Londres le 7 décembre 2010", a indiqué le groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire, dans un communiqué.

Les experts appellent "les autorités suédoises et britanniques" à mettre fin à sa détention et à lui accorder une indemnisation.

"La décision a été adoptée l'an dernier en décembre", a précisé à l'AFP un porte-parole de l'ONU, Xabier Celaya.

"Le groupe de travail sur la détention arbitraire considère que les diverses formes de privation de liberté auxquelles Julian Assange a été soumis constituent une forme de détention arbitraire", a expliqué le Sud-Coréen Seong-Phil Hong, qui dirige actuellement ce panel.

"Le groupe de travail estime que la détention arbitraire de M. Assange doit cesser", a-t-il ajouté.

Les experts jugent que le fondateur de WikiLeaks, à l'origine de la saisie du groupe, a été soumis à différentes formes de privation de liberté: "détention initiale à la prison de Wandsworth à Londres" en isolement, "suivi par la résidence surveillée puis le maintien en confinement à l'ambassade d'Equateur".

Ils critiquent aussi la façon de procéder du bureau du procureur suédois, estimant que son "manque de diligence" a entraîné la "longue privation de liberté" de M. Assange.

Dès jeudi, la Suède avait pris note de cet avis, mais avait affirmé qu'il était non contraignant.

La justice suédoise, qui cherche à interroger l'Australien dans une affaire de viol, a émis un mandat d'européen contre lui.

M. Assange considère pour sa part que la décision rendue par le panel est contraignante.

"Les Nations Unies ont fait un communiqué disant clairement que ses décisions étaient contraignantes. Et par une variété de mécanismes, il pourrait même y avoir des sanctions", a-t-il affirmé vendredi matin à la radio française France Inter.

Le porte-parole de l'ONU, interrogé par l'AFP, a reconnu qu'il s'agissait d'une "affaire juridique compliquée.

"La décision en elle-même n'est pas contraignante, mais elle l'est de façon indirecte", a-t-il dit. "Les experts examinent l'affaire et la soumettent à la législation en vigueur dans le pays et aux traités internationaux", a expliqué M. Celaya.

Les Etats "n'ont pas d'obligations à l'égard du groupe de travail, mais ils en ont à l'égard des conventions (..) ils sont liés par leurs propres lois et leurs engagements propres (..) c'est pourquoi la décision est indirectement contraignante", a-t-il souligné.

Réfugié depuis juin 2012 dans l'ambassade d'Equateur à Londres, M. Assange refuse de se rendre en Suède de peur d'être extradé vers les États-Unis, où il pourrait se voir reprocher la publication par WikiLeaks en 2010 de 500.000 documents classés secret défense sur l'Irak et l'Afghanistan et 250.000 communications diplomatiques.

Après avoir longtemps exclu un interrogatoire à Londres, les magistrats suédois avaient accepté au printemps 2015 de se déplacer pour l'entendre. Il a fallu commencer par signer un accord d'entraide judiciaire entre Suède et Équateur, et les deux pays ne se sont toujours pas mis d'accord sur les modalités de cette audition.

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