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05/02/2016 04:03 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Allemagne: l'examen des demandes d'asile très retardé

Les autorités allemandes ont reconnu vendredi avoir du mal à traiter dans les temps l'ensemble des demandes d'asile dans le pays, même si le nombre d'arrivées de migrants a continué de reculer en janvier sur fond de mesures dissuasives adoptées par Berlin.

Le président de l'Office fédéral des Migrations et des Réfugiés, Frank-Jürgen Weise, a indiqué qu'"entre 670.000 et 770.000 personnes", parmi les migrants arrivés, n'étaient pas fixées sur leur sort à la fin 2015, une grande partie n'ayant même pas pu encore déposer une requête.

Quelque 370.000 dossiers de demandes d'asile étaient en suspens à la fin de l'an dernier, selon lui, alors que partout dans l'administration chargée de se pencher sur ces dossiers, les fonctionnaires se disent débordés, voire dépassés, comme à Berlin.

"Cette situation n'est pas acceptable", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse. "C'est grave et inacceptable pour les gens de devoir attendre si longtemps. C'est mauvais pour les perspectives d'intégration et ensuite aussi pour le marché du travail quand cela dure trop longtemps", a-t-il ajouté.

Quelque 300.000 à 400.000 réfugiés se trouvent également en Allemagne sans avoir pu jusqu'ici "être enregistrés individuellement et répartis dans les différents Etats régionaux", procédure nécessaire avant même de pouvoir retirer une dossier pour demander l'asile.

Dans la capitale allemande, des files d'attente interminables se forment chaque jour dans un invraisemblable chaos devant le centre d'enregistrement des demandes, passage obligé de tout migrant.

En attendant, ces réfugiés sont accueillis dans des conditions très précaires: gymnases, anciens magasins et même un aéroport désaffecté.

L'Office des migrations s'est engagé à améliorer la situation cette année alors que l'Allemagne a ouvert ses portes l'an dernier à 1,1 million de réfugiés fuyant guerre, misère ou terreur. Un record absolu qui a considérablement bouleversé le pays et menace aujourd'hui la chancelière Angela Merkel, à l'origine de cette politique de la main tendue.

Il s'est notamment engagé à ce que les nouvelles demandes soient désormais traitées en trois mois seulement, tout en consacrant le même temps à chaque dossier.

Pour cela l'Office a prévu de doubler ses effectifs, de quelque 3.500 actuellement à 7.300 employés.

Confrontée à l'hostilité grandissante des Allemands qui la portaient encore aux nues il y a quelques mois, elle a commencé à prendre des mesures pour réduire substantiellement le nombre de migrants.

En janvier, le nombre de personnes entrées dans le pays avec l'intention d'y demander l'asile a continué de chuter (-28%) à 91.674, selon des chiffres du gouvernement. Les Syriens (35.822) continuent de constituer plus d'un tiers de ces réfugiés.

Les Irakiens sont la deuxième nationalité représentée, devant les Afghans et les Iraniens.

Le nombre de Marocains et d'Algériens arrivés dans le pays, qui a fait l'objet d'une polémique, a reculé en janvier de près de moitié, à respectivement 1.623 contre 2.896 le mois précédent et 1.563 contre près de 2.300 en décembre.

Berlin a décidé de classer ces deux pays comme sûrs, tout comme la Tunisie, afin de limiter l'afflux de ces ressortissants, qui avait bondi ces derniers mois alors que leurs perspectives de trouver asile sont quasiment nulles.

L'Allemagne n'a jusqu'ici pas donné de prévision officielle du nombre attendu de réfugiés cette année.

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