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05/02/2016 02:37 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Acier: l'UE somme la Chine de prendre des mesures pour réduire sa production

L'acier chinois qui inonde le marché mondial met en péril des dizaines de milliers d'emplois en Europe, dénonce Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce, en demandant à son homologue chinois des mesures pour réduire les capacités de production de secteur.

Dans un courrier du 29 janvier adressé au ministre chinois du Commerce Gao Hucheng, dont l'AFP a obtenu copie vendredi, Mme Malmström durcit le ton contre Pékin, accusé de pratiques anticoncurrentielles.

Elle relève notamment que le bond de plus de 50% des exportations d'acier chinois en 2015, lié aux surcapacités de production conjuguées, pour certains produits, à une chute des prix supérieure à ce qu'elle devrait être, a mis à l'arrêt la production de nombreux sites sidérurgiques en Europe.

Il y a déjà eu des milliers de suppressions d'emplois, et des dizaines de milliers d'autres sont menacés, indique-t-elle.

En février, la Commission européenne va ouvrir trois nouvelles procédures pour infraction aux règles de la concurrence concernant des aciers fabriqués en Chine, et il pourrait y en avoir d'autres ensuite, fait aussi valoir Mme Malmström.

"Devant cette tendance inquiétante, je vous somme de prendre toutes les mesures appropriées pour réduire les surcapacités en acier et régler les autres questions qui aggravent la situation", écrit la commissaire européenne.

La Chine a annoncé jeudi son intention de réduire sa production d'acier de quelque 150 millions de tonnes sur les cinq prochaines années, mais les experts estiment que le pays souffre d'une surproduction de 340 millions de tonnes.

Les producteurs européens d'acier accusent la Chine de vendre à perte et le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron a averti que l'Europe n'acceptera pas le "dumping chinois".

Vendredi, le géant sidérurgique et minier ArcelorMittal annoncé avoir enregistré en 2015 une perte nette de 7,9 milliards de dollars, contre 1,1 milliard un an plus tôt. "Bien que la demande soit restée forte sur nos marchés, les prix se sont détériorés significativement durant l'année en conséquence d'une surcapacité en Chine", a-t-il expliqué.

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