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04/02/2016 00:18 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Turquie: jugement cassé contre deux policiers condamnés pour la mort d'un manifestant

La cour suprême d'appel de Turquie a annulé le jugement prononcé contre deux policiers condamnés à dix ans de prison pour avoir battu un mort un jeune manifestant lors de la fronde antigouvernementale de 2013, a rapporté jeudi la presse locale.

Les juges ont justifié leur décision par des raisons de procédure, arguant notamment que la défense n'avait pas eu suffisamment de temps pour répondre aux accusations des parties civiles, a précisé la chaîne d'information CNN-Türk.

Les deux policiers seront donc rejugés, tout comme les six autres accusés de cette affaire emblématique de la répression des manifestations de 2013.

En janvier 2015, un tribunal de Kayseri (centre) avait condamné Mevlut Saldogan et Yalçin Akbulut à respectivement dix ans et six mois et dix ans d'emprisonnement pour le meurtre d'Ali Ismail Korkmaz, un étudiant de 19 ans battu à mort en marge d'une manifestation dans la ville d'Eskisehir (ouest) le 2 juin 2013.

Souffrant d'une hémorragie cérébrale, le jeune homme était décédé des suites de ses blessures après 38 jours dans le coma.

Trois commerçants qui avaient participé à son passage à tabac avaient été condamnés à six ans et huit mois d'emprisonnement et un quatrième à trois ans et quatre mois. Les deux autres policiers poursuivis avaient eux été acquittés.

Le procureur avait requis la réclusion à perpétuité contre les deux principaux accusés.

La vague de manifestations qui a secoué la Turquie pendant juin 2013 est partie de la mobilisation d'une poignée d'écologistes contre la destruction annoncée d'un parc de la place Taksim d'Istanbul.

Le mouvement a gagné l'ensemble du pays et mobilisé plusieurs millions de Turcs qui ont dénoncé la "dérive autoritaire et islamiste" du président Recep Tayyip Erdogan.

Ces manifestations ont fait au moins 8 morts et plus de 8.000 blessés, ainsi que des milliers d'arrestations. Cette répression a terni l'image de M. Erdogan, alors Premier ministre, mais ne l'a pas empêché d'être élu président en 2014.

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