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04/02/2016 12:04 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Syrie: Washington dénonce les "messages dissonants" de Moscou

Les Etats-Unis ont dénoncé jeudi les "messages dissonants" qu'enverrait la Russie sur le conflit syrien, Moscou assurant oeuvrer à une solution diplomatique tout en poursuivant ses bombardements militaires contre des groupes d'opposition et des civils.

Après des mois de rapprochement et de coopération avec la Russie pour trouver une sortie de crise en Syrie, la diplomatie américaine et son patron John Kerry ont clairement changé de pied depuis mercredi en accusant l'armée russe, alliée des forces syriennes, d'avoir sapé les très fragiles efforts de paix.

"Nous assistons évidemment, au moins depuis très récemment, à des messages dissonants" venus de Moscou, a pointé le porte-parole du département d'Etat, John Kirby, qui était monté au créneau mercredi pour fustiger les frappes russes contre la ville d'Alep qui auraient "en partie" provoqué l'échec des discussions inter-syriennes indirectes à peine amorcées à Genève.

"D'un côté, ils (les Russes) assurent qu'ils veulent que le processus politique aille de l'avant, qu'ils veulent un cessez-le-feu et qu'ils veulent continuer de soutenir le processus de Vienne", a argumenté M. Kirby, en allusion à la feuille de route adoptée en novembre dans la capitale autrichienne et endossée le 18 décembre par le Conseil de sécurité de l'ONU.

"De l'autre, nous continuons de voir, pas plus tard qu'hier, des bombardements sur des zones comme Alep qui ne visent pas Daech (acronyme en arabe du groupe Etat islamique, ndlr) et qui ont un effet terrible, qu'il soit intentionnel ou non, sur les civils", a condamné le porte-parole.

"Ce qu'ils font ne correspond pas à ce qu'ils disent", a tonné M. Kirby à l'adresse des Russes.

Il a rappelé que son ministre John Kerry, en visite à Londres, s'était entretenu au téléphone avec son homologue russe Sergueï Lavrov pour exiger l'arrêt des frappes contre des groupes d'opposition syriens.

Les Etats-Unis et la Russie sont les grands artisans de la reprise du processus diplomatique sur la guerre en Syrie.

Après des réunions à Vienne et à New York fin 2015, les puissances mondiales et régionales -- dont Washington, Moscou, Ryad et Téhéran, réunies dans le Groupe international de soutien à la Syrie -- doivent se retrouver le 11 février à Munich pour discuter d'un règlement, en particulier d'un cessez-le-feu, à une guerre qui a fait quelque 260.000 morts et des millions de réfugiés en cinq ans.

"Le secrétaire d'Etat est convaincu que le moment est dorénavant extrêmement propice pour que le Groupe se retrouve", a plaidé John Kirby.

nr/elc