POLITIQUE
04/02/2016 12:55 EST

Roosh V : le gouvernement Trudeau se réjouit de l'annulation des conférences néo-masculinistes

OTTAWA – La banalisation de la violence envers les femmes n’a pas sa place au Canada, a fait savoir la ministre fédérale de la Condition féminine, Patty Hajdu.

Questionnée à propos de la possible venue de Roosh V, un controversé blogueur qui fait l’apologie du viol, la ministre Hajdu a déclaré que son gouvernement « condamne vivement » l’utilisation d’un tel langage.

"Nous encourageons les Canadiennes et Canadiens à continuer de dénoncer l'homophobie, la misogynie ainsi que toutes les formes de violence fondée sur le sexe" - Patty Hajdu

Elle n'a pas émis de commentaires, toutefois, sur la pétition qui demande au premier ministre Justin Trudeau d'empêcher Roosh V de voyager au Canada.

« Nous encourageons les Canadiennes et Canadiens à continuer de dénoncer l'homophobie, la misogynie ainsi que toutes les formes de violence fondée sur le sexe », a-t-elle répondu.

Daryush Valizadeh, connu sous le nom de « Roosh V », a été forcé d’annuler les rencontres de ses adeptes dans 165 villes – dans 43 pays – pour des motifs de sécurité. Il en a fait l’annonce sur son blogue, mercredi soir.

« Je ne peux plus garantir la sécurité ou la discrétion des hommes qui veulent être présents le 6 février, puisque la majorité des rencontres ne peuvent pas être tenues secrètes et à temps », a-t-il écrit.

Roosh V a depuis supprimé tous les lieux de rencontre prévus samedi, à 20h, et a indiqué qu’il n’y aurait plus de « rassemblements de tribu » entre hommes.

"Les hommes devraient être masculins et les femmes devraient être féminines" - Return of Kings

Son site web, Return of Kings, se décrit comme un « blogue pour les hommes masculins et hétérosexuels ».

« Il est conçu pour une petite proportion d’hommes dans l’Amérique d’aujourd’hui qui croient que les hommes devraient être masculins et les femmes devraient être féminines. »

Il explique à ses adeptes, notamment, comment « séduire » les femmes sans qu’elles s’en aperçoivent et soutient que le viol devrait être légal dans un cadre privé.

Quand les maires s’en mêlent

Les maires au Canada ne se sont pas fait prier pour déclarer que les mentalités du blogueur n’avaient pas leur place dans leur ville.

Jim Watson, maire d’Ottawa, a parti le bal mardi, en affirmant que ses « propos orduriers pro-viol, misogynes et homophobes n’étaient pas le bienvenus » avec le mot-clic #its2016 - en référence à la fameuse phrase de Trudeau l'an dernier.

Les maires de Calgary, Naheed Nenshi, et de Toronto, John Tory, ont tous deux condamné de tels rassemblements dans leurs villes respectives.

Idem pour le maire de Montréal, Denis Coderre, qui a affirmé qu'« il n'y a pas de place pour les homophobes et les misogynes ici ».

L’été dernier, il avait aussi dénoncé les propos de Roosh V, qui dépassent les frontières de la liberté d’expression à son avis.