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04/02/2016 09:22 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Rép. tchèque: Remise en liberté d'un Libanais détenu pour trafic d'armes présumé

Un ressortissant libanais, Ali Taan Fayyad, en détention provisoire à Prague depuis 2014 à la demande des Etats-Unis, a été remis en liberté jeudi dans le cadre d'un accord qui a permis la libération de cinq Tchèques enlevés en juillet au Liban.

Ali Taan Fayyad était en détention provisoire à la demande des Etats-Unis dans une affaire de trafic d'armes. Sa libération a provoqué une réaction indignée de l'ambassade des Etats-Unis dans la capitale tchèque, qui s'est dite "choquée".

Le ministre tchèque de la Défense, Martin Stropnicky, a confirmé des informations de presse selon lesquelles sa libération est l'aboutissement d'un accord qui a permis aussi la libération de cinq ressortissants tchèques, enlevés en juillet dernier au Liban.

Un avion spécial avec les cinq Tchèques à bord a atterri jeudi peu après 16H00 locales (15H00 GMT) à l'aéroport militaire de Prague-Kbely. Les journalistes n'ont été autorisés à rencontrer aucun membre du groupe.

Ali Taan Fayyad, qui a aussi la nationalité ukrainienne, avait été arrêté en avril 2014 à Prague sur demande des Américains, qui l'accusaient de "complot contre les Etats-Unis" et demandaient son extradition.

"Le ministre de la Justice, Robert Pelikan, a pris aujourd'hui (jeudi) la décision de ne pas permettre l'extradition d'Ali Taan Fayyad, suite à quoi le tribunal municipal a immédiatement remis celui-ci en liberté", a déclaré à l'AFP la porte-parole du tribunal de Prague, Marketa Puci.

"J'ai décidé de ne pas donner suite à la demande des Etats-Unis. C'est une décision de caractère politique et international et j'ai pris en compte aussi des informations provenant des services de renseignement", a affirmé M. Pelikan, plus tard dans la journée.

- Armes provenant d'Ukraine -

Les cinq Tchèques, dont un avocat d'Ali Taan Fayyad, et leur chauffeur local, le frère de ce dernier, avaient disparu en juillet et leur voiture avait été retrouvée dans la région de Kefraya, dans l'ouest de la vallée de la Bekaa. Le groupe comprenait aussi un officier du service de renseignement de l'armée, deux journalistes et un traducteur.

Selon la presse de Prague, Ali Taan Fayyad et ses deux compatriotes qui sont aussi ressortissants de la Côte d'Ivoire, Faouzi Jaber et Khaled Marabi, avaient été arrêtés par un commando de la police tchèque à la demande des autorités américaines en avril 2014 à l'hôtel Sheraton à Prague, alors qu'ils s'entretenaient avec des personnes qu'ils croyaient appartenir à la guérilla colombienne des Farc.

En réalité, il s'agissait de membres de l'agence anti-drogue américaine (DEA). Les trois hommes ont été accusés d'avoir tenté de fournir aux Farc des armes en provenance d'Ukraine, toujours selon la presse.

M. Pelikan a décidé jeudi aussi de remettre en liberté Khaled Marabi, alors que la décision sur Faouzi Jaber n'a pas encore été prise.

"Nous sommes choqués par la décision de libérer Ali Taan Fayyad et Khaled Marabi. Il n'y a aucune justification", s'est indignée l'ambassade des Etats-Unis à Prague, dans un communiqué.

Les deux hommes ont été accusés aux Etats-Unis de préparation d'assassinat d'employés du gouvernement américain et de tentative d'utiliser un missile anti-aérien, selon ce document.

L'ambassade estime que la décision du ministre tchèque va "encourager les terroristes et criminels".

M. Pelikan "a agi conformément à la législation tchèque. Nos partenaires devraient le respecter", a réagi le Premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka, qui s'est refusé à confirmer l'existence d'un accord d'échange.

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