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04/02/2016 13:25 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Présidentielle américaine: face à face Clinton Sanders dans le New Hampshire

Les démocrates américains Hillary Clinton et Bernie Sanders doivent s'affronter jeudi soir dans un débat télévisé dans le New Hampshire, chacun ayant à coeur de convaincre les électeurs de voter pour lui lors des primaires de cet Etat mardi prochain.

Le sénateur du Vermont, qui prêche une révolution politique, est donné largement en tête dans les sondages. Le dernier en date (NBC/Wall Street Journal/Marist) lui donnait jeudi 58% des intentions de vote contre 38% à Mme Clinton.

Les républicains voteront aussi pour leurs primaires mardi dans le New Hampshire, et Donald Trump, battu dans l'Iowa lundi par le sénateur ultra conservateur Ted Cruz, et talonné par Marco Rubio, va lui aussi devoir confirmer les sondages qui le donnent gagnant dans le New Hampshire.

Cet Etat du nord-est est le deuxième à voter pour départager les candidats républicains et démocrates à la présidentielle, après l'Iowa (centre) lundi.

Dans l'Iowa, Mme Clinton, l'ultra favorite de l'establishment démocrate, l'a emporté d'un cheveu face à Bernie Sanders (49,8% à 49,6%), galvanisant la campagne de ce dernier qui n'a d'ailleurs pas reconnu officiellement sa défaite.

La campagne de Mme Clinton a reconnu jeudi que le sénateur du Vermont avait levé plus de fonds qu'elle en janvier, 20 millions de dollars contre 15 millions.

Dans le New Hampshire, elle espère faire mieux que les sondages, ce qui lui permettrait d'aborder sereinement les prochains états du Nevada (ouest) et de Caroline du Sud (sud-est), qui lui sont plus favorables.

Le débat de jeudi soir, à l'université du New Hampshire à Durham, devrait permettre aux deux démocrates de souligner leurs différences en matière de politique étrangère, santé, impôts, et armes à feu notamment.

Le troisième candidat démocrate, Martin O'Malley, a abandonné après l'Iowa.

Dans le New Hampshire, les indépendants peuvent participer aux primaires démocrates ou républicaines. M. Sanders, 74 ans, est aussi nettement en tête face à Mme Clinton, 68 ans, chez ces électeurs (69% à 26%), ainsi que chez les jeunes (76% à 24%), selon le sondage NBC/Wall Street Journal/Marist.

Et les deux candidats n'ont pas dit leur dernier mot: ils ont prévu après cette rencontre retransmise par la chaîne MSNBC trois autres débats démocrates d'ici la convention de leur parti fin juillet.

- Modéré ou progressiste ? -

Encore courtois si on le compare aux insultes qu'échangent les républicains, le ton entre Mme Clinton et M. Sanders est déjà monté mercredi soir, lors d'une rencontre avec des électeurs du New Hampshire. Mme Clinton s'est présentée comme progressiste, Bernie Sanders a souligné qu'elle ne pouvait pas prétendre à la fois être progressiste et modérée.

Hillary Clinton a affirmé qu'elle partageait avec lui "beaucoup des mêmes buts progressistes", mais a admis qu'elle avait encore "du travail à faire" pour convaincre les jeunes, massivement séduits par les idées de Bernie Sanders qui promet notamment une université publique gratuite.

"Je suis une progressiste qui a des résultats, et je serai une présidente progressiste qui a des résultats", a assuré Mme Clinton.

L'ancienne secrétaire d'Etat s'est amusée que le sénateur du Vermont se présente "comme le gardien de la définition de qui est progressiste".

"Vous ne pouvez pas être modérée un jour, et progressiste un autre jour", a rétorqué M. Sanders.

Ce grand pourfendeur de Wall Street se présente aussi comme le plus à même de mettre un frein à l'influence de l'argent dans la politique. Il est aussi pour l'augmentation du salaire minimum.

"Les bonnes idées sur le papier sont importantes, mais il faut pouvoir les traduite en action", a riposté Mme Clinton, mettant en avant son expérience.

Sur certaines questions, Mme Clinton n'est pas du tout progressiste, a insisté M. Sanders, soulignant notamment qu'elle avait accepté 15 millions de dollars de Wall Street via un super PAC (comité d'action politique qui aide à financer les campagnes).

Côté républicain, les experts estiment qu'une nouvelle défaite de Donald Trump dans le New Hampshire, après celle de l'Iowa, pourrait porter un coup dur à l'image de gagnant qu'il a mise en avant. Les sondages le donnent actuellement 21 points devant le télégénique sénateur de Floride Marco Rubio, Ted Cruz arrivant en troisième position.

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