POLITIQUE
04/02/2016 07:08 EST | Actualisé 04/02/2016 07:09 EST

Les libéraux dévoileront sous peu leur plan pour combattre l'EI (VIDÉO)

OTTAWA _ La prochaine phase de la participation du Canada aux efforts de la communauté internationale pour combattre le groupe armé État islamique sera dévoilée dans quelques jours et comprendra de l'aide financière additionnelle, a déclaré la ministre canadienne du Développement international, jeudi.

C'est l'argument fourni par Marie-Claude Bibeau afin d'expliquer pourquoi le gouvernement libéral ne s'est pas engagé à verser davantage d'argent lors d'une rencontre tenue à Londres, jeudi, durant laquelle des donateurs internationaux ont promis 10 milliards $ US d'ici 2020 pour aider les victimes de la guerre civile syrienne.

En conférence téléphonique, Mme Bibeau a précisé que le plan serait bientôt annoncé au Canada en présence du premier ministre Justin Trudeau, du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et du ministre de la Défense, Harjit Sajjan.

Elle a ajouté que le Canada continuerait de figurer parmi les donateurs les plus importants en matière d'aide humanitaire et augmenterait ses contributions pour les "projets de développement et de résilience".

La ministre a indiqué que le gouvernement libéral tenait à adopter une approche globale réunissant les volets militaire, diplomatique et humanitaire.

Le Canada avait opté pour une méthode similaire durant la guerre en Afghanistan.

Une évaluation du programme d'aide canadien de 2 milliards $ effectuée plus tard par l'ancienne Agence canadienne de développement internationale avait cependant conclu que la politisation et la militarisation de l'aide humanitaire avaient, entre autres problèmes, limité le nombre d'endroits où les organismes pouvaient travailler.

L'accès des organismes humanitaires aux gens en détresse est l'un des principaux défis à relever en Syrie actuellement.

"Nous avons tiré des leçons de nos expériences passées", a assuré Marie-Claude Bibeau, refusant toutefois d'en dire davantage sur cette question avant l'annonce officielle.

Jusqu'à présent, le Canada s'est engagé à donner 650 millions $ en aide humanitaire pour les personnes touchées par le conflit syrien et 233 millions $ pour le développement à long terme.

Nicolas Moyer, directeur général de la Coalition humanitaire, qui regroupe cinq organismes canadiens, s'est dit persuadé que le gouvernement libéral allait en faire encore plus pour les Syriens.

Il a cependant soutenu que c'était maintenant au tour des Canadiens de faire leur part.

"La réalité est que nous ne sommes pas capable d'amasser autant de fonds (...) pour la crise syrienne que nous ne le voudrions, a-t-il admis. Les besoins dépassent largement les dons, l'accès aux ressources que nous avons de toutes les sources."

L'automne dernier, au moment où la crise des réfugiés syriens dominait les manchettes, l'ancien gouvernement conservateur s'était engagé à égaler les dons privés à hauteur de 100 millions $. Le programme devait prendre fin en décembre, mais les libéraux l'ont prolongé jusqu'à la fin de février.

La prolongation ne s'est cependant pas traduite par une arrivée massive de dons, a affirmé M. Moyer. Plusieurs facteurs sont en jeu, a-t-il estimé, incluant la nature du conflit, la réponse à la crise à l'échelle locale et le travail des organismes humanitaires.

"Les organisations humanitaires au Canada ont sollicité leurs donateurs et ceux-ci ont fortement répondu, mais après cinq ans à en demander plus, il n'est pas surprenant qu'il y ait, à travers le pays, une certaine apathie envers ce sujet, a-t-il expliqué. Nous devons collaborer encore plus étroitement pour trouver des moyens de convaincre le public de s'impliquer de différentes façons."

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