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04/02/2016 05:35 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Le pétrole ouvre en hausse prudente

Les cours du pétrole ont ouvert en hausse prudente jeudi à New York au lendemain d'un fort rebond, les investisseurs cherchant à limiter les risques face à de nouveaux signes d'excédents et faute d'informations concrètes sur des perspectives de rééquilibrage.

Vers 14H15 GMT, le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en mars gagnait 41 cents à 32,69 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), au lendemain d'un sursaut mis sur le compte de l'affaiblissement du dollar et d'espoirs d'une intervention de l'Opep pour faire baisser la production.

Comme la veille, les cours semblaient bénéficier de l'affaiblissement du dollar, qui bénéficie aux acheteurs munis d'autres devises puisque les échanges sont libellés en billets verts.

La monnaie américaine, à 1,1197 dollar pour un euro, souffre en effet d'un regain d'inquiétudes sur la vigueur de la reprise économique américaine après des indicateurs décevants et des propos prudents d'un responsable de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Pour autant, "on se rend bien compte qu'on reste encore loin d'un rééquilibrage du marché" via une réduction de l'offre, a souligné Mike Lynch, chez Strategic Energy and Economic Research.

De leur côté, les experts de Commerzbank ont fait état de rumeurs émanant du Venezuela selon lesquelles "six pays producteurs, dont la Russie, l'Irak et l'Iran, s'étaient mis d'accord pour une réunion extraordinaire", alors que le ministre vénézuélien du Pétrole Eulogio del Pino est en tournée dans ces pays pour tenter de convaincre ses partenaires d'agir de concert face à l'effondrement des cours.

Mais "l'Arabie saoudite n'est pas un des six pays prévoyant de participer à la réunion, ce qui la rend passablement sans intérêt", ajoutaient les experts de Commerzbank. "En outre, l'Iran a récemment indiqué qu'une telle réunion ne serait utile que si elle débouchait sur un accord pour baisser la production, même si lui-même n'est pas disposé à participer à une telle réduction. Nous restons donc sceptiques sur les chances d'un accord", concluaient-il.

En attendant cette éventuelle réunion, les investisseurs ont pu se rappeler l'énormité des excédents actuels avec les chiffres publiés mercredi par le ministère américain de l'Energie, montrant une progression bien plus forte que prévu des réserves commerciales de brut aux Etats-Unis, qui dépassent désormais les 500 millions de barils.

Michael Hewson, analyste chez CMC Markets, a estimé que le fait qu'une hausse des stocks de brut de cette nature n'ait pu faire plonger le pétrole mercredi invite à s'interroger sur ce qui pourrait désormais orienter les cours à la baisse, suggérant qu'un plancher à court terme pourrait bien avoir été atteint.

chr/jld/are