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04/02/2016 06:46 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

La vente de Rona, signal d'une « économie ouverte », selon Couillard

La vente du quincaillier québécois Rona à l'américaine Lowe's envoie le signal que le Québec évolue dans une économie ouverte, affirme Phillipe Couillard, en invitant du même souffle les entreprises d'ici à faire de même à l'étranger.

« Je vois que M. Péladeau et M. Legault veulent nous faire reculer au siècle précédent », a commenté le premier ministre au sujet des positions des chefs péquiste et caquiste, qui déplorent l'inaction de son gouvernement dans ce dossier.

« Mais on est maintenant dans une économie ouverte, réplique Philippe Couillard, et je rappelle que pour un Rona, il y a un couche-tard, il y a un CGI, il y a un Saputo. C'est ça qu'il faut continuer à faire : il faut que les Québécois aillent également à la conquête des marchés. »

« Oui, il y a cet évènement hier, dont on va suivre les développements, et les engagements de l'entreprise », a-t-il ajouté. « Mais on a des entreprises au Québec qui, si je ne m'abuse, ont fait pour 30 milliards d'acquisitions en 2014. On veut continuer ça. Mettons autant d'énergie à conquérir le monde. On est capables, nous, les Québécois. »

À l'instar de sa nouvelle ministre de l'Économie, Dominique Anglade, M. Couillard a rappelé que la transaction annoncée mercredi est « consensuelle », ce qui n'était pas le cas lorsque Lowe's a fait une première tentative d'achat de Rona en 2012.

« L'ensemble du conseil d'administration a été d'accord pour la transaction. Ça inclut la Caisse de dépôt, ça inclut d'ailleurs les marchands participants Rona, qui forment environ 30 %, je crois, de l'actionnariat », a-t-il souligné.

M. Couillard assure tout de même que son gouvernement est « préoccupé par les conséquences pour les familles, les travailleurs, pour les commerçants qui sont membres de Rona ».

Arrêter Uber est illusoire

Le premier ministre Couillard a par ailleurs envoyé un signal clair que son gouvernement n'entend pas interdire le service de covoiturage Uber, qui est vertement décrié par toute l'industrie du taxi.

« Historiquement, dans toute l'histoire des sociétés, tout mouvement qui vise à freiner ou arrêter un développement technologique, ces mouvements-là ont toujours échoué », a-t-il fait valoir.

« On doit donc se réunir, comme société, avec les chauffeurs de taxi, qu'on veut traiter équitablement, avec les autres partenaires pour voir comment on va encadrer ce milieu-là de façon équitable », a commenté Philippe Couillard. « Moi je veux que le terrain de jeu soit équitable, que la compétition soit loyale. »

En attendant les résultats de la commission parlementaire annoncée par le nouveau ministre des Transports, Jacques Daoust, le gouvernement va tout de même « veiller au respect des lois et des règlements existants », a-t-il assuré.

L'industrie du taxi, a-t-il ajouté, doit prendre garde à ne pas braquer la population en adoptant des moyens de pression contre-productifs.

« La réalité, au Québec et ailleurs, c'est que chaque fois que l'industrie du taxi a fait des protestations fortes, ça a ajouté de l'eau au moulin d'Uber. Ça n'a pas eu l'effet escompté de retarder Uber; ça a ajouté de la force à Uber », a-t-il observé. « Alors faisons ce débat, prenons le temps de réfléchir et faisons ce qu'il faut. »