NOUVELLES
04/02/2016 04:14 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

La Turquie interdit un vol d'observation russe dans son espace aérien, invoque sa "sécurité"

La Turquie a confirmé jeudi avoir interdit pour des "raisons de sécurité" un vol d'observation russe dans son espace aérien proche de la Syrie, affirmant que les deux pays, en pleine crise diplomatique, n'étaient pas parvenus à s'entendre sur son itinéraire.

"Un accord n'a pu être conclu sur l'itinéraire demandé par la Fédération de Russie pour le vol de reconnaissance de la période du 2 au 5 février 2016 et ce vol n'a donc pas eu lieu", a indiqué le ministère turc des Affaires étrangères.

Sa déclaration rappelle que la Russie avait été autorisée en décembre 2015 à conduire un vol similaire après une demande de modification d'itinéraire voulue par les autorités turques.

Le ministère russe de la Défense avait dénoncé mercredi la décision des Turcs, regrettant qu'elle crée "un précédent dangereux concernant l'absence de contrôle de l'activité militaire d'un Etat partie au traité Ciel ouvert".

Le porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) au pouvoir, Ömer Celik, a justifié la décision pour des "raisons de sécurité".

"La route demandée (par Moscou) longeait la frontière syrienne jusqu'à Hatay", a affirmé M. Celik devant la presse, en référence à cette province turque du sud du pays qui borde la Syrie. "Il est évidemment hors de question à ce stade d'autoriser un tel vol pour des raisons de sécurité", a-t-il ajouté.

La Turquie, membre de l'Otan, et la Russie traversent une grave crise diplomatique depuis que l'aviation turque a abattu en novembre à Hatay un bombardier russe accusé d'avoir violé son espace aérien à sa frontière avec la Syrie.

Les deux pays sont opposés dans le conflit syrien.

L'Otan et la Turquie ont fermement condamné une nouvelle violation le 29 janvier dernier de l'espace aérien turc par l'aviation russe, le président Recep Tayyip Erdogan mettant en garde la Russie contre les "conséquences" de ces "actes irresponsables".

Le traité Ciel ouvert entré en vigueur en 2002 et signé par une trentaine de pays dont les Etats-Unis, la Russie, la Turquie et l'Union européenne, prévoit le survol de ses pays signataires dans le but de contrôler les installations militaires et d'armements, afin d'entretenir la confiance mutuelle.

BA/pa/cel