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04/02/2016 01:21 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

La Grèce en grève générale contre le plan de retraites de Tsipras

Des milliers de personnes étaient dans les rues d'Athènes jeudi pour la grève générale, la troisième depuis l'arrivée au pouvoir l'an dernier d'Alexis Tsipras, contre une réforme des retraites exigée par les créanciers du pays.

Selon les chiffres de la police, 20.000 personnes participaient au premier cortège, celui du syndicat PAME, proche du parti communiste, 7.000 à celui des deux grandes centrales du privé et du public, GSEE et Adedy, et 3.000 à celui de la gauche plus radicale, dont quelques dizaines d'anarchistes, faisant craindre de possibles échauffourées, courantes en Grèce en fin de manifestation.

La police se faisait discrète le long du cortège, restant cantonnée dans les rues adjacentes.

Ces chiffres ne différaient pas sensiblement des deux grèves précédentes, mais le fonctionnement du pays semble plus atteint que précédemment, du fait de la participation de nombreuses corporations, mobilisées contre une réforme qui pénalise toutes les catégories de travailleurs.

Trains, ferries et de nombreux vols intérieurs étaient paralysés. Les hôpitaux ne devaient s'occuper que des urgences, les stations-service restaient fermées, et les taxis, d'ordinaire innombrables dans les rues d'Athènes, étaient invisibles.

Les avocats et les agriculteurs sont réunis dans ce mouvement, les seconds ayant entamé des actions de blocages de route depuis plusieurs jours déjà, créant de longues files d'attente de camions aux frontières nord du pays.

- Retraite plafonnée à 2.300 euros -

Tous veulent protester contre une réforme qui fera passer notamment de 2.700 à 2.300 euros le montant maximum des retraites, et créera une pension de base garantie de 384 euros par mois.

Le gouvernement projette également de fusionner les différents fonds de pension et d'accroître les cotisations sociales des employés et des employeurs.

Pratiquement toutes les catégories de salariés ont critiqué ce plan, qui vise notamment à économiser 1,8 milliard d'euros par an, soit 1% du PIB environ, dans le cadre des exigences de réformes formulées par les créanciers du pays, FMI, UE et BCE, en échange du nouveau plan d'aide de 86 milliards d'euros qu'ils ont accordé au pays en juillet.

Le Premier ministre, élu sur un programme de gauche radicale, est déterminé à présent à faire avancer cette réforme le plus vite possible, afin de satisfaire les créanciers et de pouvoir ainsi espérer le début de négociations sur un allègement de l'énorme dette publique grecque (près de 200% du PIB).

Le projet de loi doit être voté ce mois-ci au Parlement, où M. Tsipras ne dispose que d'une très faible majorité (153 sièges sur 300).

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