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04/02/2016 13:46 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Kiev souhaite inviter le Conseil de sécurité à visiter l'est de l'Ukraine

L'Ukraine souhaite inviter une délégation du Conseil de sécurité à visiter la région du Donbass (Est), en proie à une insurrection séparatiste, a indiqué jeudi son ambassadeur à l'ONU.

"La période idéale serait cet été", a déclaré Volodymyr Yelchenko à des journalistes.

Kiev n'a pas encore envoyé d'invitation officielle car "nous devons nous préparer", a-t-il précisé. L'Ukraine s'efforce pour l'instant de définir les modalités, les objectifs et les dates d'une telle visite.

L'ambassadeur n'a pas caché l'hostilité de la Russie à ce projet mais il a estimé "qu'il n'était pas nécessaire que tous les ambassadeurs des 15 pays" membres du Conseil y participent. "Si quelqu'un ne veut pas y aller c'est très bien", a-t-il ajouté.

Il a reconnu qu'en raison de la menace toujours présente d'un veto russe, "le Conseil de sécurité ne joue malheureusement qu'un rôle secondaire" dans la crise ukrainienne.

"Il peut seulement entériner les décisions prises dans le cadre de Minsk", en référence aux accords de Minsk de février 2015 signés par la Russie, l'Ukraine, la France et l'Allemagne et censés régler le conflit dans l'Est de l'Ukraine.

"Nous aimerions que le Conseil joue un rôle plus indépendant mais ce n'est pas possible à cause du veto potentiel de la Russie", a-t-il ajouté.

Depuis le déclenchement de la crise en Ukraine début 2014, le Conseil a tenu plusieurs dizaines de réunions sur ce dossier, pour la plupart infructueuses ou se résumant à un dialogue de sourds entre occidentaux et Russes.

L'Ukraine a rejoint le Conseil --où la Russie siège en permanence avec droit de veto-- début janvier comme membre non permanent pour un mandat de deux ans.

Depuis avril 2014, le conflit dans l'Est entre les forces gouvernementales et les séparatistes pro-russes a fait plus de 9.000 morts.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie d'armer les séparatistes et d'avoir déployé des troupes dans la zone de conflit.

Moscou nie farouchement ces accusations, mais son rôle dans la crise ukrainienne lui a valu de lourdes sanctions économiques et la pire dégradation de ses relations avec les Occidentaux depuis la fin de la Guerre froide.

avz/elm