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04/02/2016 02:00 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Kerry et Lavrov veulent une suspension des négociations sur la Syrie "aussi courte que possible" (diplomatie russe)

Les chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et John Kerry, ont tous deux déploré la suspension des négociations de paix sur le Syrie et espèrent que cette pause sera "aussi courte que possible", a annoncé jeudi le ministère russe des Affaires étrangères.

Les deux hommes, qui se sont entretenus par téléphone, ont "exprimé leurs regrets communs" face à la suspension des pourparlers sous égide de l'ONU à Genève et "sont tombés d'accord pour réaliser les efforts nécessaires afin que cette pause soit aussi courte que possible", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Moscou s'est également dit "inquiet par la mise en avant par certains représentants de l'opposition syrienne d'exigences préalables inadmissibles pour la reprise d'un dialogue sain avec le pouvoir syrien".

Les représentants de l'opposition syrienne présents à Genève réclament notamment l'arrêt des bombardements russes, la libération de détenus et la levée des sièges d'une quinzaine de villes en Syrie, où, selon l'ONU, près de 500.000 personnes vivent coupées d'aide humanitaire et médicale.

MM. Lavrov et Kerry ont ainsi "constaté la nécessité de mesures urgentes de la part du gouvernement syrien et de l'opposition pour fournir sous égide de l'ONU une aide humanitaire" aux villes assiégées et confrontées à une situation critique, selon le communiqué.

Les deux pays entendent coordonner leurs efforts pour fournir une aide humanitaire aéroportée en Syrie, selon la même source.

A Londres, le secrétaire d'État américain a déclaré avoir eu une discussion "franche" avec son homologue russe et lui avoir demandé l'arrêt des bombardements de Moscou contre l'opposition en Syrie, accusant implicitement la Russie d'avoir torpillé les pourparlers de paix.

Après six jours de discussions avec le régime d'une part, l'opposition de l'autre, de tergiversations et de rendez-vous annulés ou reportés, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura a annoncé mercredi soir une "pause" dans le processus de discussions sur la Syrie, censé enclencher une solution politique pour mettre un terme au conflit.

Le diplomate onusien s'est néanmoins refusé à parler "d'échec" et a déclaré avoir fixé la date du 25 février pour une reprise des discussions, même si celle-ci semble tout sauf certaine.

Washington a de son côté accusé Moscou et Damas de mettre en péril le processus politique alors que les forces gouvernementales gagnent du terrain en Syrie face aux rebelles grâce à l'appui de l'aviation russe.

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