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04/02/2016 00:47 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

GB: Assange prêt à se rendre si l'ONU le juge en tort

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange s'est dit prêt jeudi à quitter l'ambassade d'Équateur à Londres où il est réfugié depuis plus de trois ans si un groupe de travail de l'Onu sur la détention arbitraire lui donne tort.

"Si l'ONU annonce demain que j'ai perdu mon affaire contre le Royaume-Uni et la Suède, je sortirai de l'ambassade vendredi à midi pour être arrêté par la police britannique", a déclaré M. Assange dans un communiqué.

"Cependant, si je l'emporte et s'il est reconnu que les parties étatiques ont agi illégalement, j'attends la restitution immédiate de mon passeport et la fin de toute nouvelle tentative de m'arrêter", a-t-il ajouté.

L'Australien de 44 ans est accusé par une Suédoise d'un viol qui aurait été commis dans la région de Stockholm en août 2010. Il vit reclus depuis juin 2012 dans l'ambassade équatorienne de Londres et peut se faire arrêter à tout moment par la police britannique s'il met un pied dehors.

Visé par un mandat d'arrêt européen, il refuse de se rendre en Suède de peur d'être extradé vers les États-Unis, où il pourrait se voir reprocher la publication par WikiLeaks, en 2010, de 500.000 documents classés secret défense sur l'Irak et l'Afghanistan et 250.000 communications diplomatiques.

La principale source des documents publiés, le soldat américain Bradley Manning (devenu Chelsea), a été condamné à 35 ans de prison pour espionnage.

Assange a fondé WikiLeaks en 2006 dans le but de dénoncer les agissements délictueux de gouvernements ou institutions en publiant des documents confidentiels et des analyses à l'échelle mondiale.

- Décision non contraignante -

WikiLeaks estime que la façon dont la Suède a traité l'affaire est "une tache" sur son bilan des droits de l'Homme.

En septembre 2014, Julian Assange avait déposé plainte contre la Suède et la Grande-Bretagne auprès d'un groupe de travail sur la détention arbitraire (WGAD), organisme mandaté par l'Organisation des Nations unies, pour faire reconnaître son confinement dans l'enceinte de l'ambassade équatorienne depuis bientôt quatre ans comme une détention illégale.

"La seule protection dont il bénéficie... est de rester dans l'enceinte de l'ambassade. La seule façon pour lui de jouir du droit d'asile est d'être en détention", souligne la plainte.

Le groupe de travail de l'ONU doit se prononcer vendredi sur le cas du fondateur de WikiLeaks. Ses décisions ne sont pas contraignantes mais les partisans d'Assange relèvent que ses prises de position ont contribué à la libération de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi et du journaliste américain Jason Rezaian, détenu en Iran pendant 18 mois.

Personnage controversé, Assange vit confiné dans l'ambassade, dans le quartier chic de Knightsbridge, dans une pièce qui fait à la fois office de chambre et de bureau et qu'il a comparée à une station spatiale.

Un tapis de course et une lampe à bronzer, pour éviter le rachitisme améliorent l'ordinaire, même si les photos du "cyberwarrior" montrent un homme au visage très pâle.

Avant cela, il s'était réfugié dans une demeure de la campagne anglaise, propriété d'un de ses fervents soutiens, le documentariste Vaughan Smith.

La police londonienne a arrêté en octobre dernier la surveillance physique de l'ambassade, dont le coût a soulevé les critiques. Les sympathisants d'Assange ont ainsi créé un site qui détaille minute par minute le nombre de jours de sa détention (1885), son coût estimé pour les contribuables britanniques (13 millions de livres) et toutes les bonnes actions que pourraient financer ces millions.

L'Equateur se montre, lui, d'un soutien sans faille et lui a garanti l'asile politique, même après la confirmation par la justice suédoise du mandat d'arrêt européen à son encontre.

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