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04/02/2016 12:14 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Des Autochtones disent être victimes de racisme dans les taxis à Winnipeg

WINNIPEG — Certains Autochtones soutiennent que les services de taxi à Winnipeg sont minés par le racisme et appellent à un boycottage jusqu'à ce que des actions soient prises pour répondre à leurs inquiétudes.

Jackie Traverse a affirmé qu'elle-même et d'autres femmes autochtones étaient traitées «comme des ordures» et faisaient l'objet de discrimination, de harcèlement sexuel et même de voies de fait. La plupart des chauffeurs de taxi exigent un paiement avant la course lorsqu'ils prennent des passagers autochtones, alors que certains ne s'arrêtent même pas pour les embarquer, a-t-elle fait valoir.

Mme Traverse, une artiste âgée de 46 ans, a lancé un site de covoiturage volontaire pour les femmes autochtones et a appelé la population à boycotter les taxis. Elle a souligné que les Autochtones représentaient une part importante de la clientèle, espérant pouvoir plomber les revenus des taxis.

La Ville de Winnipeg s'est attardée dans la dernière année aux questions de racisme après que le magazine «Maclean's» l'eut présentée comme la ville la plus raciste au Canada.

Mme Traverse a indiqué qu'elle avait été expulsée d'un taxi encore en mouvement par un chauffeur, et agressée il y a quelques années, tout en précisant qu'elle n'avait pas intenté de poursuite.

Le président de la Commission de réglementation des taxis, David Sanders, a indiqué que l'organisme avait reçu quelques plaintes formelles et avait agi rapidement pour enquêter sur ces cas. Mais il a soutenu que les gens attendaient souvent trop longtemps avant de déposer une plainte ou qu'ils ne se présentaient pas à l'audience formelle, ce qui compliquait la tâche de la commission.

«En ce qui nous concerne, tout le monde devrait se sentir en sécurité en prenant un taxi à Winnipeg, a dit M. Sanders. La portée des cas signifie que nous avons davantage de travail à faire.»

La commission a tendu la main aux organisations autochtones et cherchera à offrir aux chauffeurs plus de formation interculturelle — notamment sur l'histoire autochtone et la résolution de conflits, a-t-il indiqué.

Mais la grande chef Sheila North Wilson, qui représente les Premières Nations du nord, croit qu'il ne s'agit que d'un début. Davantage d'Autochtones devraient être embauchés dans le secteur du taxi, et il devrait y avoir une attention plus grande portée à l'éducation des nouveaux venus sur les Premières Nations, a-t-elle fait valoir.