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04/02/2016 13:09 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Colombie : Santos exhorté à exiger des excuses des Farc pour un rapt

Le Conseil d'Etat colombien a exhorté jeudi le président Juan Manuel Santos à demander à la guérilla des Farc, en pourparlers de paix, de présenter des excuses pour la séquestration pendant 18 mois d'un candidat à une élection en 2002.

M. Santos, "en tant que chef des négociations de paix", doit transmettre aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) "la nécessité de présenter des excuses publiques pour ce qui s'est passé, et d'expliquer les faits" dans un délai de deux mois, a estimé le Conseil d'Etat, juridiction administrative suprême.

En février 2002, des guérilleros des Farc avait enlevé Silvio Vasquez Villanueva, candidat à la Chambre des représentants du département de Huila (centre), sur une route entre la localité de Suaza et celle de Florencia, dans le département voisin de Caqueta.

Les enlèvements de personnalités politiques étaient alors fréquents dans cette région. Au total 30.653 personnes en ont été victimes durant le conflit armé qui déchire la Colombie depuis plus de 50 ans, selon le registre de l'Unité national des victimes.

Au titre du "préjudice moral de la victime et de ses proches", le Conseil d'Etat a octroyé plus de 1,3 million de pesos (environ 390.000 dollars) de dommages et intérêts à M. Vasquez Villanueva en raison du "traitement inhumain qu'il a subi pendant ses 18 mois de captivité".

Le tribunal a en outre estimé que "la responsabilité administrative et patrimoniale" de cet enlèvement relevait de l'Etat et de l'armée. "Dans ce dossier, l'enlèvement a eu lieu suite à une conjonction d'actions contre la population civile, qui se sont déroulées du fait de l'absence, de la faiblesse ou de la déficience de l'Etat", a-t-il souligné.

Le gouvernement de M. Santos et les Farc -principale guérilla de Colombie avec 7.000 combattants- sont en pourparlers de paix depuis novembre 2012. En septembre dernier, ils se sont engagés à signer un accord de paix définitif avant le 23 mars.

Dans une interview à l'hebdomadaire Semana dimanche dernier, le chef des Farc, Timoleon Jimenez, dit "Timochenko", a déclaré que la guérilla avait décidé "de suspendre" ce type d'action en raison de son "coût politique très grave, mais aussi parce que c'était un acte inhumain".

La guerre interne colombienne a vu s'affronter guérillas d'extrême gauche, paramilitaires d'extrême droite et forces armées, faisant au moins 220.000 morts et plus de six millions de déplacés, selon des chiffres officiels.

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