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04/02/2016 06:57 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Algérie: le Premier ministre précise les fonctions interdites au binationaux

Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal a affirmé jeudi qu'un article du projet de révision de la Constitution qui interdit aux binationaux les hauts postes dans la fonction publique ne concernait que "les fonctions supérieures et sensibles de l'Etat".

Le Parlement devrait adopter sans surprise dimanche ce projet dont l'article 51 suscite la colère tout particulièrement dans la communauté franco-algérienne.

L'article 51 "ne vise aucunement nos frères à l'étranger", a voulu rassurer M. Sellal qui présentait le projet devant une commission parlementaire.

Il "concerne (...) les fonctions supérieures et sensibles" de l'Etat, a indiqué le Premier ministre, cité par l'agence APS, parlant notamment des fonctions liées à la sécurité et la sécurité financière.

Mardi, le conseiller du président Abdelaziz Bouteflika, Kamel Rezag Bara, avait assuré sur la radio publique que l'article 51 n'était "pas discriminatoire".

Selon lui, les hautes fonctions de l'Etat exclusivement accessibles aux détenteurs de la seule nationalité algérienne ne seront qu'une dizaine ou une quinzaine, comme celles de gouverneur de la Banque centrale, directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) ou président de la Cour suprême.

M. Sellal a par ailleurs fait valoir que cet article constituait une avancée alors que le code de la nationalité remontant aux années 70 était fondé sur le caractère "exclusif" de la nationalité algérienne.

"Pour la première fois dans l'histoire de l'Algérie, on reconnaît les Algériens porteurs de plusieurs nationalités. Les portes demeurent ouvertes aux Algériens de l'étranger dans diverses fonctions", a-t-il affirmé.

L'article 51 avait soulevé la colère de binationaux qui se comptent par centaines de milliers, notamment en France où l'émigration algérienne n'est plus seulement composée d'ouvriers mais aussi de cadres de hauts niveaux et d'universitaire.

Une douzaine d'associations d'Algériens établis en France ont dénoncé le projet "excluant une partie du peuple" et demandé le retrait d'une disposition jugée "injuste" et "discriminatoire". Un appel à manifester samedi devant l'ambassade d'Algérie à Paris a été lancé.

Le projet de révision de la Constitution a suscité une grande controverse et l'opposition l'a ouvertement critiqué. Certains ont appelé au boycott de la séance de vote de dimanche.

Outre l'interdiction aux binationaux de hauts postes dans la fonction publique, il comprend la limitation à deux du nombre de mandats du président et accorde au tamazight (berbère) le statut de langue officielle.

amb/vl