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04/02/2016 04:45 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Afghanistan: les ONG condamnent le meurtre d'un ex-milicien de 12 ans

Les défenseurs des droits de l'Homme ont vivement condamné jeudi l'assassinat d'un ex-milicien de 12 ans, tué par des talibans dans le sud de l'Afghanistan, un meurtre qui illustre le sort des enfants soldats dans ce pays déchiré par la guerre depuis 35 ans.

Wasil Ahmad a été abattu par des insurgés lundi dans la ville très instable de Tarin Kot, chef-lieu de la province méridionale d'Uruzgan, elle-même théâtre de féroces combats entre les talibans et l'armée.

Après une courte carrière de milicien anti-talibans, au cours de laquelle il a été fêté en héros selon la presse, le jeune garçon avait rendu les armes il y a quelques mois pour se consacrer à ses études.

C'est d'ailleurs sur le chemin de l'école que ses assassins, qui circulaient à moto, lui ont tiré dessus. "Il est mort à l'hôpital", a raconté son oncle Mullah Abdul Samad à l'AFP.

Visage poupin et glabre, Wasil avait rejoint une milice pro-gouvernementale farouchement opposée aux talibans l'été dernier pour "venger" la mort de son père, tué par les insurgés islamistes, d'après M. Samad. "Personne ne l'a encouragé à prendre les armes", a-t-il assuré à l'AFP.

Les talibans, qui se battent contre les forces gouvernementales et les milices, ont revendiqué l'assassinat qui a déclenché l'ire de nombreuses ONG.

"Dans ce cas-là, il y a deux crimes: la mort (de Wasil) et le fait qu'un enfant de son âge ait combattu les armes à la main", a réagi Patricia Grossman, analyste au sein de Human Rights Watch, dans un échange de courriels avec l'AFP.

La loi afghane punit le recours aux enfants soldats, mais les défenseurs des droits de l'Homme attirent depuis longtemps l'attention sur le sort des nombreux soldats mineurs qui se battent aussi bien aux côtés des talibans que des milices pro-gouvernementales.

"Les talibans portent indéniablement la responsabilité du meurtre de Wasil Ahmad, mais ceux qui ont armé cet enfant et l'ont envoyé se battre sont tout aussi coupables", a encore fait valoir Patricia Grossman.

De même, la Commission indépendante des droits de l'Homme d'Afghanistan juge que le gouvernement et les talibans sont coupables à parts égales. "Les uns ont fait de lui un héros, les autres l'ont tué. Au final, ils ont tous piétiné la loi et agi de manière illégale", a accusé Rafiullah Baidar, le porte-parole de cette organisation non-gouvernementale.

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