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03/02/2016 05:54 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

Zika: inquiétude mondiale et réunion d'urgence en Amérique latine

Les ministres de la Santé d'Amérique latine tenaient mercredi une réunion d'urgence face à l'expansion du virus Zika, soupçonné de provoquer des malformations cérébrales chez les foetus, dans un climat d'inquiétude mondiale après l'annonce d'un cas de transmission par voie sexuelle.

A cette rencontre organisée à Montevideo, étaient représentés les pays membres du Mercosur, le marché commun sud-américain (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela), mais aussi la Bolivie, le Chili, la Colombie, l'Equateur, le Pérou, le Surinam, le Mexique, le Costa Rica et la République dominicaine.

Cette mobilisation générale survient alors que l'Amérique latine est la région la plus touchée au monde par l'épidémie, transmise par des moustiques et potentiellement dangereuse pour les femmes enceintes, déclarée "urgence de santé publique de portée mondiale" par l'Organisation mondiale de la Santé face à l'explosion du nombre de cas.

Mardi, les autorités sanitaires américaines (CDC) ont confirmé un cas aux Etats-Unis de transmission du virus Zika par voie sexuelle.

La nouvelle intensifie les craintes d'une propagation rapide de la maladie, même si la communauté scientifique juge la transmission intra-humaine rare.

"Un voyageur qui s'était rendu au Venezuela est rentré aux Etats-Unis et a développé des symptômes d'infection par le virus du Zika tout comme la personne avec laquelle il a eu des relations sexuelles et qui n'a pas elle quitté le territoire américain", a expliqué le Dr Tom Frieden, directeur des CDC.

Ce "premier cas d'infection domestique a été confirmé par des tests de laboratoire", a-t-il précisé.

Ailleurs dans le monde, des cas de contagion domestique ont été signalés en Thaïlande, en Indonésie et au large du continent africain, au Cap-Vert.

Des experts de la santé ont averti que l'Asie était particulièrement vulnérable au virus car le moustique Aedes aegypti (vecteur de la maladie avec le moustique Aedes albopictus) y prolifère dans les grandes villes.

- L'Europe appelée à se protéger -

Face aux risques d'expansion de la maladie, l'OMS a appelé mercredi les pays européens à empêcher une prolifération de ce moustique, avant qu'il n'arrive sur le continent.

"J'exhorte les pays européens à agir de manière coordonnée pour contrôler les moustiques, y compris en impliquant les populations pour éliminer les sites de reproduction et en planifiant d'épandre de l'insecticide et de tuer les larves", a écrit dans un communiqué la directrice Europe de l'OMS, Zsuzsanna Jakab.

Des touristes européens ont déjà été contaminés par le virus, mais le moustique Aedes aegypti n'a pas été pour l'instant repéré dans l'Union européenne, actuellement en hiver.

Le risque va toutefois augmenter à mesure que les températures vont s'adoucir, la présence des moustiques du genre Aedes étant établie, pendant l'été, sur le pourtour méditerranéen.

Si les symptômes du virus, semblables à la grippe et pouvant même passer inaperçus, sont généralement bénins, ce sont ses complications qui inquiètent.

Pour l'OMS, un lien entre ce virus et une explosion en Amérique du Sud du nombre de cas de microcéphalie, malformation congénitale dont souffrent les enfants nés avec une tête et un cerveau anormalement petits, est "fortement suspecté, bien que non prouvé scientifiquement".

Au Brésil, pays le plus affecté, 404 cas de microcéphalie ont été confirmés et 3.670 restent suspects, selon le ministère de la Santé, contre seulement 147 cas diagnostiqués sur toute l'année 2014.

Zika est également soupçonné d'être lié au syndrome neurologique de Guillain-Barré (SGB), pouvant entraîner jusqu'à une paralysie définitive.

Le pays, inquiet à quelques mois des jeux Olympiques de Rio prévus en août, a déployé 522.000 personnes, dont "46.000 agents de combat qui vont de maison en maison" pour combattre le moustique Aedes aegypti, a souligné son ministre de la Santé Marcelo Castro.

"Nous sommes en train de faire le plus grand effort de l'histoire du Brésil", a-t-il déclaré, alors que le géant sud-américain compte déjà plus d'1,5 million de personnes contaminées.

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