POLITIQUE
03/02/2016 01:42 EST | Actualisé 03/02/2016 03:00 EST

Élections fédérales 2015 : le vote stratégique en hausse au Canada, sauf au Québec

OTTAWA – Les Canadiens ont été plus nombreux à voter de façon stratégique aux dernières élections fédérales, à l’exception du Québec, selon une récente étude.

La Chaire de recherche en études électorales de l’Université de Montréal, dans le cadre du projet Making Electoral Democracy Work, a comparé les résultats de sondages menés auprès de quelque 5500 répondants au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique.

Alors que la proportion d’électeurs stratégiques atteint près de 10% en Ontario, seulement 6% des Québécois auraient fait de même l’automne dernier.

Proportion d’électeurs stratégiques

  • Colombie-Britannique : 9,42%
  • Ontario : 9,56%
  • Québec : 6,15%

En comparaison, 6,3% des Ontariens ont voté de façon stratégique pendant l’élection provinciale de 2011. Au Québec, cette proportion a atteint 7,3% lors de l’élection du gouvernement Marois en 2012.

Selon le titulaire de la chaire de recherche, André Blais, il n’est pas étonnant que davantage d’électeurs aient voté de façon stratégique aux dernières élections fédérales – surtout en Ontario.

« Toutes les conditions étaient réunies : beaucoup d’électeurs voulaient se débarrasser des conservateurs et étaient prêts à voter pour les libéraux ou le NPD, selon qui avait le plus de chances de gagner au niveau local », explique-t-il.

L’étude démontre qu’environ 20% des électeurs au pays auraient tendance à voter stratégique, mais que moins de la moitié auraient décidé de passer à l’action en 2015.

« Pour être stratégique, il faut que notre parti préféré ne soit pas parmi les deux premiers [dans une circonscription donnée]. Ça touche une minorité de gens », poursuit André Blais.

Le Parti libéral du Canada a fait un retour en force en Ontario avec 80 des 121 circonscriptions. Au Québec, les libéraux ont fait élire 40 députés sur 78, surtout dans la région du Grand Montréal.

Les libéraux ont-ils été élus grâce au vote stratégique? André Blais soulève l’hypothèse que la balance aurait pu pencher en leur faveur en fonction du résultat national annoncé.

Par exemple, un partisan du NPD qui craignait une course serrée entre les conservateurs et les libéraux aurait pu pencher vers le parti de Justin Trudeau, dit-il.

Un cas à part?

L’existence du Bloc québécois pourrait expliquer pourquoi le Québécois ont été moins nombreux à voter de façon stratégique en 2015, selon André Blais. Mais la vague orange de 2011 est venue brouiller les cartes à son avis.

« La seule objection possible que j’aurais, c’est qu’à l’élection précédente, il y avait beaucoup de souverainistes qui avaient voté NPD. Il y a donc plusieurs bloquistes qui sont prêts à bouger pour le NPD », poursuit l’expert en comportement électoral.

Le NPD, qui avait fait élire 59 députés dans la Belle Province en 2011, a perdu des plumes en 2015. Le parti compte maintenant 16 députés au Québec.

Fait à noter, le Québec est la seule province où le Parti conservateur a fait des gains. Le caucus québécois compte maintenant 12 députés, dont l’ancien caquiste Gérard Deltell et l’ancien maire de Victoriaville Alain Rayes.

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