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03/02/2016 12:59 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

USA: des élus contre le blanchiment d'argent via les sociétés anonymes

Des élus du Congrès américain ont déposé mercredi une proposition de loi s'attaquant aux sociétés anonymes créées aux Etats-Unis et soupçonnées de dissimuler des malversations financières et des opérations de blanchiment d'argent.

Le texte, parrainé par les représentants démocrate Carolyn Maloney et républicain Peter King, obligerait de communiquer aux autorités fédérales l'identité du bénéficiaire ultime d'une société immatriculée aux Etats-Unis.

A l'heure actuelle, plusieurs Etats locaux comme le Delaware (est) ou le Wyoming (ouest), permettent de créer une entreprise sans en révéler leur propriétaire, offrant ainsi la possibilité à des délinquants d'effacer leurs traces et de dissimuler l'origine frauduleuse de leurs fonds.

Le célèbre trafiquant d'armes russe, Viktor Bout, surnommé le "marchand de mort", avait créé plusieurs sociétés-écrans au Delaware pour masquer ses forfaits tout comme l'ex-lobbyiste américain Jack Abramoff condamné en 2006 à près de six ans de prison pour corruption.

"Les Etats-Unis sont la destination préférée des terroristes, des trafiquants de drogue, des fraudeurs fiscaux et d'autres délinquants qui veulent dissimuler leurs gains illégaux dans des structures anonymes", a dénoncé dans un communiqué le sénateur démocrate Sheldon Whitehouse, qui est associé à la proposition de loi.

Cette offensive parlementaire, qui a peu de chances d'aboutir en pleine campagne pour la Maison Blanche, intervient quelques jours après la publication d'une enquête menée en caméra cachée par l'organisation Global Witness auprès d'avocats new-yorkais.

Se faisant passer pour le représentant d'un ministre africain désireux de placer discrètement sa richesse aux Etats-Unis, un membre de l'ONG est allé sonder 13 avocats qui ont tous, à l'exception d'un seul, suggéré de créer une société anonyme aux Etats-Unis pour échapper aux autorités fiscales et judiciaires.

"Cette enquête (...) a montré que le laxisme des lois aux Etats-Unis en terme de transparence est facilement manipulable et exploité", ont dénoncé les élus dans leur communiqué commun.

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