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03/02/2016 06:26 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

Un chef extrémiste pakistanais salue l'attaque contre une base indienne

Le chef d'un groupe extrémiste pakistanais a salué mercredi l'attaque contre une base militaire indienne en janvier, un message qui risque de compliquer encore les efforts de paix entre les deux rivaux nucléaires.

Hafiz Saeed, soupçonné d'être le cerveau des attentats de Bombay en 2008, et dirigeant du groupe extrémiste Jamaat-ud-Dawa (JuD), a brandi la menace de nouvelles violences après l'assaut contre la base aérienne de Pathankot, qui a coûté la vie à sept soldats indiens.

"Huit cent mille militaires indiens sont en train de commettre un génocide de Cachemiris", a-t-il affirmé devant un millier de personnes lors d'un rassemblement dans le Cachemire pakistanais. Les Cachemiris "n'ont-ils pas le droit de mener ces attaques du type de celle de Pathankot pour se défendre?", a-t-il lancé.

Inde et Pakistan veulent chacun récupérer la totalité de cette région himalayenne divisée, qui a été la cause de deux guerres entre les deux pays, depuis leur indépendance de la Grande-Bretagne en 1947.

M. Saeed, qui se déplace librement en dépit du fait que son groupe soit illégal, a également salué son camarade de combat Sayed Salahuddin, chef d'une coalition d'organisations islamistes, le Concile unifié du Jihad (UJC), qui a revendiqué l'attaque.

"Vous n'avez vu qu'une seule attaque, contre Pathankot. Il pourrait très facilement y avoir une escalade", a-t-il prévenu.

L'offensive menée le 2 janvier contre la base aérienne indienne de Pathankot était intervenue quelques jours après la visite surprise du Premier ministre indien Narendra au Pakistan, une percée diplomatique qui avait engendré un espoir de réchauffement diplomatique entre les deux frères ennemis.

A la suite de cette attaque, de nouvelles négociations entre les chefs de la diplomatie des deux pays, prévues mi-janvier, ont été repoussées.

Le JuD est classé comme organisation terroriste par l'ONU, mais son dirigeant est libre et appelle régulièrement au jihad contre l'Inde. Cela exaspère New Delhi, qui considère que ce groupe n'est qu'une vitrine du Lashkar-e-Taiba (LeT), accusé d'être derrière les attentats ayant fait 166 morts à Bombay en 2008.

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