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03/02/2016 04:02 EST | Actualisé 03/02/2016 04:03 EST

Le festival «Temps d'Images» fête ses 10 ans à l'Usine C! (ENTREVUE/PHOTOS)

Martin Dam Kristensen

La vidéo, le son, la lumière, les écrans, les gadgets, tant d’éléments technologiques qui peuvent remettre en question la façon de raconter une histoire et d’entrer en relation avec le public, se retrouvent au cœur du festival Temps d’Images, qui accueille pour la dixième année les créateurs les plus iconoclastes de la planète.

Si en 2006 les artistes commençaient à intégrer la technologie dans les arts vivants, force est d’admettre que le réflexe est devenu pratiquement naturel une décennie plus tard. « Sur le plan artistique, c’est plus répandu et définitivement plus organique qu’au début. C’est un peu comme quand on découvre un nouveau jouet : soit on se laisse prendre par la difficulté, soit on arrive à vraiment bien l’intégrer. Je considère que les côtés low et high-tech sont de plus en plus justifiés. Ce ne sont plus de simples accessoires supplémentaires », explique la codirectrice du festival Danielle de Fontenay.

Galerie photo Festival «Temps d'Images» à l'Usine C Voyez les images

Avec l’effervescence qui a caractérisé l’innovation technologique au cours des dernières années, la codirectrice affirme être sans cesse éblouie par la façon dont chaque artiste se l’approprie. « Je ne suis pas une spécialiste des nouvelles technologies et il y a des choses que je ne comprends pas, mais je m’intéresse énormément à la méthode que chacun prend pour raconter une histoire à sa façon. J’ai de la difficulté avec la narration linéaire, avec un début, un milieu et une fin. Quand je me retrouve face à cela, j’ai l’impression que mon cerveau fonctionne moins. Je préfère entrer dans un univers, sans savoir dans quoi je rentre et où ça s’en va. Je trouve que ces productions sollicitent davantage notre imaginaire. »

Faisant le plein d’œuvres qu’elle souhaite présenter à Montréal en courant certains festivals internationaux, dont l’Actoral de Marseille, Danielle de Fontenay mise également sur les résidences de création croisées et les liens qui se tissent entre les artistes de partout.

Au fil des ans, des créateurs tels que Jaco Van Dormael, Hiroaki Umeda et Michèle-Anne De Mey — tous présents cette année – ont fait leur place parmi les fidèles qui reviennent dans la métropole avec un plaisir renouvelé. « Montréal est une ville que les artistes étrangers aiment beaucoup. Ils sont conquis à la fois par la ville, l’ouverture du public, sa disponibilité, sa curiosité, sa réceptivité et sa chaleur. »

Une chaleur qui permet de contrecarrer les froides températures et les tempêtes monstrueuses qui sévissent généralement en février, durant le festival. Des éléments qui ne semblent toutefois pas ralentir les spectateurs, au profil très diversifié. « Notre public est très métissé. On retrouve énormément de jeunes, mais aussi des gens plus matures et très curieux. Certains viennent des arts visuels, d’autres sont des initiés de la danse et du théâtre, mais tout le monde se mélange. »

Puisque les œuvres durent entre 20 et 60 minutes en moyenne, les spectateurs peuvent assister à trois ou quatre productions très variées chaque soir. « C’est un peu comme dans un musée, lorsqu’on passe d’une salle à l’autre en ressentant le choc des transitions. Le procédé est hyper stimulant. Les spectateurs peuvent choisir leur parcours et déambuler entre 18 h et 22 h »

Cette année, des artistes du Canada, du Japon, des États-Unis, de la France et de la Belgique se réuniront à l’Usine C du 11 au 21 février. Cliquez ici pour tous les détails.