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03/02/2016 13:00 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

Syrie: les frappes russes mettent en péril le processus de paix (département d'Etat)

Les Etats-Unis ont jugé mercredi que les frappes russes en Syrie mettaient en péril le "processus de paix" amorcé sur le conflit et étaient "en partie" responsables de la suspension de discussions indirectes inter-syriennes à Genève sous l'égide de l'ONU.

Le département d'Etat a dénoncé dans un communiqué virulent les bombardements de l'armée russe autour de la ville d'Alep qui "visent presque exclusivement" les groupes d'opposition syriens et des civils, plutôt que "Daech, l'ennemi commun de toute la communauté internationale".

"C'est extrêmement difficile d'imaginer comment des frappes contre des cibles civiles pourraient contribuer de quelque manière que ce soit au processus de paix sur lequel on essaie de travailler", a fustigé le porte-parole de la diplomatie américaine John Kirby en lisant son communiqué lors de son point presse.

Il a réaffirmé que "la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'ONU (texte du 18 décembre consacrant un processus diplomatique sur la Syrie, NDLR), que les Russes ont votée, appelle le régime (syrien) et toutes parties à mettre fin aux bombardements et aux attaques contre des civils".

Ces frappes doivent cesser "non pas au bout du compte, mais immédiatement, non pas bientôt, mais maintenant", s'est insurgé le porte-parole.

Il a même fait un lien entre les bombardements russes et la suspension, mercredi à Genève, des pourparlers indirects entre le régime de Damas et des groupes d'opposition.

"Le représentant spécial de l'ONU Staffan de Mistura a suspendu les discussions aujourd'hui à Genève en partie en raison de la difficulté à trouver une solution politique alors que l'aide humanitaire est constamment entravée et que des vies innocentes sont perdues", a encore argumenté John Kirby.

Plombées par un fossé insurmontable entre les belligérants et la poursuite sur le terrain d'une guerre sans merci, les discussions de paix sur la Syrie organisées à Genève ont été suspendues jusqu'au 25 février par l'ONU, qui s'est refusée à parler d'"échec" et a renvoyé la balle aux grandes puissances.

Les Etats-Unis et leur ministre des Affaires étrangères John Kerry sont les principaux artisans du processus diplomatique sur le conflit syrien.

Après des réunions à Vienne et à New York à la fin de l'année dernière, les puissances mondiales et régionales doivent se retrouver une nouvelle fois le 11 février à Munich pour faire état des avancées des efforts politiques sur la guerre en Syrie qui a fait quelques 260.000 morts en près de cinq ans.

nr/elm