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03/02/2016 02:39 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

Russie : un parti d'opposition demande une enquête pénale contre Kadyrov après ses menaces

Le parti d'opposition libéral russe Parnas a demandé mercredi mercredi l'ouverture d'une enquête pénale contre l'homme fort de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, après la diffusion d'une vidéo dans laquelle il met virtuellement en joue le dirigeant de ce parti.

"Nous avons déposé aujourd'hui une requête auprès des services de sécurité russes (FSB, issu de l'ex-KGB, ndlr) leur demandant d'ouvrir une enquête pénale contre Ramzan Kadyrov, notamment, pour attentat à la vie d'une personnalité publique", a déclaré à l'AFP Vadim Prokhorov, l'avocat du parti Parnas.

"Une requête similaire sera déposée auprès du Comité d'enquête russe dans l'après-midi", a-t-il précisé. Cette structure est chargée des enquêtes pénales.

Le président de la république caucasienne russe de Tchétchénie a inséré lundi sur son compte Instagram une vidéo dans laquelle figurent le dirigeant de Parnas et ancien Premier ministre russe Mikhaïl Kassianov, et une autre personnalité de ce parti, Vladimir Kara-Mourza, et y a ajouté un filtre de viseur de fusil à lunettes.

La vidéo avait été filmée par une équipe de la chaîne de télévision proche du pouvoir LifeNews, à l'occasion d'un voyage à Strasbourg (ville de l'est de la France qui est le siège d'institutions européennes) de ces deux opposants les 25 et 26 janvier.

"Kassianov est allé à Strasbourg afin de recevoir de l'argent pour l'opposition russe", a écrit M. Kadyrov dans la légende de cette vidéo qui a été supprimée par Instagram dont le règlement interdit de diffuser des appels à la violence.

Ramzan Kadyrov n'a pas tardé à s'indigner de cette suppression, indiquant qu'il était prêt à réitérer ses propos devant la justice s'il le fallait.

M. Kassianov a pour sa part qualifié cette vidéo de "menace directe de mort pour des motifs de haine politique".

"Il s'agit d'une menace tout à fait réelle", assure M. Prokhorov, rappelant l'assassinat d'un autre opposant russe, Boris Nemtsov, tué par balle au pied du Kremlin le 27 février 2015.

Les enquêteurs ont désigné un Tchétchène qui aurait servi dans un bataillon des forces spéciales particulièrement loyal à M. Kadyrov, comme étant l'un des organisateurs de ce meurtre.

Pour sa part, le dirigeant d'un autre parti d'opposition démocratique, Iabloko (centre gauche), Sergueï Mitrokhine, avait appelé mardi le FSB à ouvrir une enquête contre M. Kadyrov pour des appels à l'extrémisme.

Ramzan Kadyrov s'est lancé ces dernières semaines dans un combat contre les opposants au Kremlin. Mi-janvier, il avait ainsi proposé d'interner en hôpital psychiatrique les responsables de l'opposition libérale et des médias indépendants, les qualifiant de "traîtres à la patrie" et d'"ennemis du peuple".

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