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02/02/2016 20:34 EST | Actualisé 02/02/2017 00:12 EST

Rétention dans le Pacifique: la justice australienne rejette le recours d'une migrante

La justice australienne a rejeté mercredi un recours présenté par une migrante contre son placement dans un centre de rétention sur Nauru, ce qui ouvre la voie au renvoi de centaines de personnes sur cette île reculée du Pacifique.

L'Australie mène une politique d'immigration très dure : les bateaux de migrants et de demandeurs d'asile sont refoulés en haute mer et ceux qui parviennent malgré tout à gagner les rives du pays sont placés dans des camps sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle Guinée, sur l'île de Nauru, dans le Pacifique, et sur l'île Christmas, dans l'océan Indien.

La Haute cour australienne avait été saisie par une Bangladaise arrivée illégalement par bateau et placée sur Nauru. Elle avait ensuite été envoyée en Australie pour y recevoir des soins d'urgence en raison de complications durant sa grossesse.

Selon ses avocats, cette décision aura des implications pour 260 autres demandeurs d'asile, parmi lesquels 37 bébés nés en Australie et 54 autres enfants, envoyés sur le continent pour des raisons médicales.

En novembre, plus de 543 demandeurs d'asile se trouvaient sur Nauru.

Si, après instruction de leur dossier, les migrants se voient reconnaître le statut de réfugiés, ils ne sont pas pour autant autorisés à s'établir en Australie.

La politique de Canberra s'est attirée les foudres des défenseurs des droits de l'Homme.

La plaignante demandait à la Haute cour de dire que son renvoi sur Nauru serait illégal.

"La Haute cour a jugé, à majorité, qu'elle ne devait pas faire droit à la demande de la plaignante", a dit cette instance.

Elle a estimé que sa détention sur Nauru était légale au regard de la loi sur l'immigration et que l'accord signé par L'Australie et Nauru sur le sujet était constitutionnel.

Avant le rendu de la décision, le Centre légal des droits de l'Homme qui assistait la Bangladaise dans sa démarche, avait expliqué que la mère, son époux et leur bébé d'un an étaient terrifiés à l'idée de retourner sur Nauru.

"La mère veut simplement ce que veulent toutes les mères, que son enfant vive bien, en sécurité", a déclaré Daniel Webb, membre de cet organisme.

"La procédure judiciaire est complexe, mais l'éthique est simple : ce serait une erreur fondamentale que de condamner ces familles à une vie d'incertitude sur Nauru".

Pour l'Unicef, renvoyer des mineurs sur Nauru crée des difficultés déraisonnables pour ce minuscule Etat et met la vie des enfants en danger.

Le gouvernement conservateur soutient que sa politique, en oeuvre depuis 2013, dissuade les passeurs et a permis de sauver des vies en évitant que les migrants ne risquent la mort sur des embarcations de fortune.

Entre 2008 et 2013, sous les gouvernements travaillistes, au moins 1.200 personnes avaient péri en tentant de gagner les côtes australiennes.

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