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03/02/2016 12:05 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

Percée du régime syrien à Alep avec le soutien aérien russe

L'armée syrienne, soutenue par l'aviation russe, a réussi à resserrer l'étau mercredi autour des rebelles dans la ville d'Alep après avoir coupé leur principale route d'approvisionnement, un nouveau succès pour le régime depuis l'intervention de Moscou dans le conflit.

Alep, ex-capitale économique et chef-lieu de la province du même nom située dans le nord du pays, est divisée depuis 2012 entre quartiers ouest contrôlés par le régime et quartiers est tenus par les rebelles.

Les troupes du régime du président Bachar al-Assad, aidées par des miliciens et des combattants du Hezbollah libanais, encerclaient les rebelles à Alep par l'ouest, le sud et l'est. Elles ont également avancé ces derniers jours depuis le nord.

Outre la mise hors service de leur route d'approvisionnement depuis la Turquie, pays qui soutient la rébellion syrienne, les rebelles voient désormais les quartiers sous leur contrôle à Alep menacés.

Depuis leur assaut lancé lundi, les prorégime ont pris sur leur chemin plusieurs villages et localités, dont mercredi celle de Maarasset al-Khan avant de briser le siège imposé depuis plus de trois ans par les rebelles islamistes aux localités de Nebbol et Zahra, a indiqué à l'AFP une source militaire sur le front.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), cette avancée est la plus importante du régime dans la province d'Alep depuis 2012.

- Quartiers rebelles menacés -

"Les prorégime encerclent les quartiers rebelles à Alep des côtés sud, est et nord, à l'exception d'une seule ouverture dans le nord-ouest qui permet aux insurgés d'accéder à la province voisine d'Idleb. S'ils parviennent à poursuivre leur avancée, ils pourront alors bloquer ce seul accès" et assiéger totalement les rebelles, a expliqué Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.

"Les forces du régime ont accompli en trois jours à Alep ce qu'elles avaient échoué à faire en trois ans, et cela grâce principalement à l'appui russe", a-t-il ajouté.

L'agence officielle Sana à Damas a confirmé que le siège des localités de Nebbol et Zahra avait été brisé.

Nebbol et Zahra, qui comptaient 36.000 habitants avant le début de la guerre en 2011, sont défendues par des milliers de combattants progouvernementaux selon l'OSDH.

Ces développements sur le terrain interviennent au moment où l'ONU, qui n'a pas réussi à faire démarrer des négociations indirectes entre pouvoir et opposition à Genève, a annoncé leur report au 25 février.

L'opposition réclame avant toute discussion l'arrêt des raids aériens du régime et de son allié russe, ainsi que la libération de détenus et la levée des sièges d'une quinzaine de villes en Syrie, où, selon l'ONU, près de 500.000 personnes vivent coupées du monde.

- 162 morts -

Mais le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé que son pays ne cesserait pas son intervention militaire en Syrie avant d'y avoir "réellement vaincu" les groupes "terroristes".

La France, hostile au pouvoir syrien, a "condamné l'offensive brutale menée par le régime, avec le soutien de la Russie, pour encercler et asphyxier Alep et ses centaines de milliers d'habitants".

En trois jours de combats dans la région d'Alep, 90 rebelles ont péri dans les affrontements et les raids russes, alors que 45 combattants prorégime ont été tués, selon l'OSDH. 27 civils sont par ailleurs morts, dont 24 dans les raids russes.

En outre des milliers de personnes ont fui les combats et les raids dans le nord de la province d'Alep, a ajouté l'ONG.

La province d'Alep est en grande majorité aux mains du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et de ses alliés islamistes, ou du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Depuis le début le 30 septembre de l'intervention militaire de la Russie, alliée du régime Assad, l'armée a avancé dans les provinces de Lattaquié (nord-ouest), d'Alep (nord) et de Deraa (sud).

Ailleurs dans le pays, un convoi d'aide médicale et alimentaire a pénétré dans la ville de Moadamiyat al-Cham, près de Damas, assiégée par les forces du régime, selon la Croix-Rouge internationale.

La guerre a débuté en mars 2011 avec des manifestations pacifiques réprimées par le régime. Le conflit est devenu très complexe avec une multitude d'acteurs et a fait 260.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

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