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03/02/2016 12:55 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

Obama visite une mosquée sur le sol américain pour la première fois

CATONSVILLE, Md. — Le président Barack Obama a dénoncé les «perceptions extrêmement déformées» dont sont victimes les Américains de confession musulmane lors de sa première visite dans une mosquée américaine située près de Baltimore, mercredi.

S'immisçant dans un débat qui hante la présente campagne présidentielle, M. Obama a déclaré que ceux qui tentent de diaboliser tous les musulmans jouent le jeu des extrémistes.

Il a aussi raconté que des jeunes musulmans lui avaient dit craindre d'être expulsés du pays. Le président a insisté pour dire que les musulmans sont eux aussi préoccupés par la menace terroriste et qu'ils sont trop souvent blâmés pour «les violentes actions d'un petit nombre de personnes».

Pour lui, l'intimidation contre des enfants, le vandalisme contre des mosquées et le traitement inégal de certains groupes risquent de déchirer le tissu de la nation américaine.

Pour les militants des droits civiques, il était temps que M. Obama visite une mosquée et tende la main à une communauté aux prises avec les propos islamophobes de plus en plus en vogues à la suite de la montée en puissance du groupe armé État islamique et autres mouvements extrémistes. Il s'agissait de la première visite du présidente à une mosquée sur le sol américain.

M. Obama tente de contrer le discours islamophobe des certains candidats à l'investiture républicaine. Donald Trump a déjà réclamé un gel temporaire de l'accueil de musulmans au pays tandis que Ted Cruz et Marco Rubio jouent sur «le terrorisme islamique radical».

«Il faut bien comprendre quelque chose: une attaque contre une religion est une attaque contre toutes les religions», a-t-il déclaré.

Le président a aussi exhorté les studios hollywoodiens de commencer à montrer des musulmans dans des rôles qui «ne seraient pas liés à la sécurité nationale».

Il a aussi reconnu que les inquiétudes de la population étaient alimentées par les discours de certains islamistes. «On ne peut nier qu'une petite fraction de musulmans prône une interprétation pervertie de l'islam. C'est vrai, c'est la réalité.» Il a ajouté qu'on ne devait pas donner l'occasion aux extrémistes de se poser comme porte-parole de la communauté musulmane. «On ne doit pas leur donner cette légitimité. La grande majorité des personnes tuées par eux sont des hommes, des femmes et des enfants musulmans innocents.»