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03/02/2016 08:25 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

Mali: un chef de l'ex-rébellion réclame le retrait d'un groupe pro-gouvernemental de Kidal

Un chef des anciens rebelles du nord du Mali a réclamé mercredi le départ de Kidal de membres d'un groupe armé pro-gouvernemental arrivés en masse la veille dans ce bastion de l'ex-rébellion, situé dans le nord-est du pays.

"La CMA (Coordination des mouvements de l'Azawad, ex-rébellion) a tenu une réunion mercredi. La décision est que nous demandons au Gatia (Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés) de quitter la ville de Kidal, avant les discussions" prévues avec eux sur leur retour, a déclaré à l'AFP Alghabass Ag Intalla, chef du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), une des principales composantes de la CMA.

Selon lui, certains responsables de la CMA étaient "pour l'arrivée du Gatia dans la ville", et d'autres "contre cette arrivée".

"C'est vrai que le Gatia devait arriver. Mais pas comme ça. C'est une violation de l'accord d'Alger. Ce n'est pas normal. Le Gatia doit sortir de Kidal", a martelé ce dirigeant de la CMA, en référence à l'accord de paix négocié à Alger et signé à Bamako en mai-juin 2015 avec le gouvernement malien et les groupes qui le soutiennent.

"Pour le moment, nous ne voulons pas la guerre", a-t-il ajouté, interrogé par l'AFP sur le risque d'une reprise des hostilités en raison de la présence du Gatia à Kidal. Mercredi, le calme régnait dans la ville.

Dans la nuit de lundi à mardi, des centaines de membres du Gatia sont entrés sans violence à Kidal, avaient annoncé mardi ce groupe et la CMA, assurant agir en bonne intelligence.

Les combats entre CMA et groupes pro-Bamako, à dominante touareg de part et d'autre, se sont poursuivis à l'été 2015 malgré la signature de l'accord de paix. Mais ils ont cessé depuis la conclusion de "pactes d'honneur" entre les belligérants le 16 octobre, au terme de trois semaines de rencontres à Anéfis, près de Kidal.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes après la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Ces groupes jihadistes en ont été en grande partie chassés par l'intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

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