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03/02/2016 06:19 EST | Actualisé 03/02/2016 12:51 EST

Lowe's acquiert RONA pour 3,2 milliards $ (VIDÉO)

Près de quatre ans après l'échec d'une première tentative pour acquérir le quincailler Rona (TSX:RON), le géant américain de la rénovation Lowe's est finalement parvenu à ses fins.

Une entente intervenue entre les deux parties fera passer le fleuron québécois fondé en 1939 sous contrôle étranger en contrepartie d'une somme de 3,2 milliards $ en espèces.

"C'est un accord gagnant-gagnant pour Rona et Lowe's ainsi que les actionnaires", a affirmé mercredi le président et chef de la direction de la société de Boucherville, Robert Sawyer, au cours d'une conférence téléphonique.

Il a ajouté que cette transaction allait au-delà de la simple consolidation de deux joueurs, qui, ensemble, formeront la plus importante chaîne spécialisée dans la rénovation au pays.

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Les conseils d'administration des deux sociétés ont approuvé à l'unanimité le regroupement, qui devra entre autres recevoir l'aval des actionnaires de Rona lors d'un vote qui se tiendra au plus tard le 8 avril. La clôture est prévue pour le deuxième trimestre.

Cette réaction est bien différente de celle de 2012, lorsque Lowe's avait déposé une offre de 1,76 milliard $ dans l'espoir de mettre la main sur Rona. Cette approche avait suscité une levée de boucliers de la part du conseil d'administration, du gouvernement du Québec ainsi que des marchands indépendants du quincailler.

"Il s'agit d'une occasion à saisir afin de transformer l'industrie canadienne, afin que les consommateurs en aient davantage pour leur argent", a affirmé M. Sawyer.

En octobre dernier, le détaillant américain s'apprêtait à rencontrer des fournisseurs québécois, ce qui avait alimenté les rumeurs voulant que la chaîne spécialisée soit en train de préparer son entrée au Québec.

Le président et chef de la direction de Lowe's, Robert Niblock, attribue une valeur d'environ 45 milliards $ au secteur canadien de la rénovation. Le détaillant américain estime que la croissance moyenne entre 2014 et 2018 devrait être de 3,9 pour cent.

"Nous aimons également le secteur en raison du nombre élevé de propriétaires au Canada ainsi que des nombreux canaux de distribution", a expliqué M. Niblock, en conférence téléphonique.

Lowe's offre 24 $ par action ordinaire de Rona, soit une prime de 104 pour cent par rapport au cours de clôture du titre de l'entreprise québécoise, mardi, à la Bourse de Toronto. Un peu avant midi, mercredi, la valeur du titre de Rona bondissait de 98,5 pour cent sur Bay Street, à 23,36 $.

La Caisse de dépôt et placement du Québec, le plus important actionnaire de Rona, avec une participation de 17 pour cent, a également confirmé son intention de déposer ses actions.

"Dans l'ensemble, la Caisse estime que la transaction mènera au maintien de la croissance de l'activité économique générée par les bannière de Rona au Québec", a-t-elle fait valoir, par voie de communiqué.

Parmi ses engagements, Lowe's s'est engagé à établir son siège social à Boucherville _ qui sera dirigé par son président au Canada, Sylvain Prud'homme _ , et à conserver les "multiples bannières" de Rona, la "vaste majorité" des employés actuels ainsi que des "hauts dirigeants clés".

À travers son réseau, Rona exploite près de 500 établissements corporatifs et magasins affiliés indépendants, qui, ensemble, emploient plus de 23 000 personnes.

D'ici cinq ans, le numéro deux de la rénovation aux États-Unis derrière Home Depot croit pouvoir doubler la rentabilité de ses activités canadiennes.

Lowe's compte 1845 magasins en Amérique du Nord, dont 42 au Canada répartis en Ontario, en Alberta, en Colombie-Britannique ainsi qu'en Saskatchewan. En comparaison, son principal concurrent, Home Depot, compte 182 établissements au pays et 2264 en Amérique du Nord.

Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux, estime que la transaction devrait satisfaire les actionnaires de Rona, puisque le prix offert représente 11 fois le bénéfice d'exploitation anticipé du quincailler québécois pour l'exercice 2016.

Dans une note, l'analyste souligne que cette transaction est bien différente de la percée "désastreuse" tentée par Target au Canada, puisque Lowe's met la main sur une entreprise ayant une empreinte solide au pays.