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03/02/2016 01:01 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

La Grèce privée d'informations en prélude à une grève générale

La Grèce était mercredi privée d'informations par une grève des journalistes, en prélude à la grève générale organisée jeudi contre la réforme des retraites, la troisième contre le gouvernement de gauche, qui doit notamment affecter les transports.

Aucun bulletin d'information n'était diffusé par les radios et télés, tandis que les sites d'information et le fil de l'agence de presse grecque Ana n'étaient pas actualisés. Le mot d'ordre de grève du syndicat des journalistes -- qui prévoit des sanctions contre les briseurs de grève-- courait sur 24H, à partir de 04H00 GMT mercredi.

Comme les agriculteurs, les professions libérales et les deux grands syndicats du pays, GSEE pour le privé et Adedy pour la fonction publique, les journalistes réclament le retrait d'un projet de réforme des retraites exigée par les créanciers du pays, UE et FMI, qui prévoit une hausse des cotisations et des baisses des futures pensions.

La grève générale organisée jeudi pour soutenir cette revendication doit perturber les transports urbains et aériens domestiques, avec l'annulation de 16 vols intérieurs, tandis qu'aucune liaison maritime avec les îles ne sera assurée. Les hôpitaux, écoles et administration tourneront au ralenti.

Le mouvement doit aussi affecter les stations-service, dont les gérants ont été appelés par leur syndicat à fermer pendant 24H. Les professions libérales, médecins, avocats, notaires et ingénieurs civils ont aussi été appelées à la grève.

Les agriculteurs, qui bloquent depuis lundi les principaux postes frontière du pays avec la Bulgarie et la Turquie, et ont durci les barrages mis en place depuis le 22 janvier sur les principaux axes routiers, ont aussi annoncé qu'ils participeraient aux manifestations prévues en fin de matinée dans le centre d'Athènes. Au premier cortège du Pame, le front syndical de l'opposition communiste, doit succéder le défilé principal GSEE-Adedy.

Cet accès de contestation sociale intervient alors que le gouvernement d'Alexis Tsipras tente de finaliser avec les bailleurs de fonds du pays le projet de réforme, avant son vote prévu mi-février au parlement, où le gouvernement ne dispose que d'une courte majorité de 153 sièges sur 300.

Selon les médias, le quartet de représentants des institutions créancières, de retour à Athènes depuis lundi, a déjà fait part de son opposition à la hausse prévue des cotisations patronales (de 1%) et des employés (0,5%) au profit d'une nouvelle coupe dans les pensions actuelles, déjà diminuées à une dizaine de reprises depuis 2010.

Pris entre ces deux feux, le gouvernement Tsipras défend l'urgence de la réforme pour sauver un système "au bord de l'effondrement" tout en excluant de telles coupes.

La grève de jeudi est la troisième depuis qu'il a accepté en juillet de proroger l'austérité pour éviter la sortie de l'euro, reniant les promesses de rupture avec la rigueur qui l'avaient porté au pouvoir en janvier 2015.

cb/od/pt