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03/02/2016 05:47 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

Instabilité en Libye: une "bombe à retardement stratégique", selon le président nigérian

Le président nigérian Muhammadu Buhari a mis en garde la communauté internationale contre la "bombe à retardement stratégique" que constitue l'instabilité en Libye, l'exhortant mercredi à peser de tout son poids pour "trouver une solution durable à la crise libyenne".

"Je dois exprimer nos graves préoccupations à propos de la situation alarmante dans le sud de la Libye qui est en train de devenir une bombe à retardement stratégique pour l'Afrique et l'Europe aussi", a déclaré le président Buhari devant le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg.

"Le sud de la Libye, qui n'est soumis à aucune autorité, est devenu un +souk+ d'armes qui menace la sécurité de la région du Sahel ainsi que la région d'Afrique du nord, et au-delà", a-t-il averti. "Nous devons par conséquent redoubler d'efforts pour trouver une solution durable à la crise libyenne", a plaidé M. Buhari.

La Libye est plongée dans le chaos et livrée à des groupes armés depuis la chute de Mouammar Khadafi en 2011. Deux autorités s'y disputent le pouvoir depuis la prise de la capitale Tripoli par des milices en partie islamistes à l'été 2014, et l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) a profité du vide du pouvoir pour prendre le contrôle de Syrte et de ses environs, à quelque 450 km à l'est de Tripoli.

Des négociations entre les factions libyennes rivales sous l'égide de l'ONU ont permis la signature d'un accord en décembre pour un gouvernement d'unité nationale. Son Premier ministre désigné, Fayez el-Sarraj, s'est engagé à proposer une nouvelle équipe gouvernementale d'ici la fin de la semaine.

Aux yeux de la communauté internationale, seul un tel gouvernement d'unité peut constituer un interlocuteur fiable pour combattre l'EI et mieux juguler l'émigration africaine vers l'Europe au travers de la Libye.

L'Union européenne, qui pousse pour que les pourparlers aboutissent, a promis un paquet d'aide de 100 millions d'euros "dès le premier jour" où le gouvernement siégera, afin de l'aider à asseoir son autorité. Les 28 envisagent même des sanctions contre des responsables qui entravent le processus, aujourd'hui grippé.

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