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03/02/2016 08:55 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

France: après les taxis, des chauffeurs de plateformes VTC manifestent à Paris

Des chauffeurs spécialisés dans les transports collectifs et travaillant avec les plateformes de réservation de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) ont manifesté mercredi à Paris, estimant avoir été sacrifiés par le gouvernement en "gage de paix sociale" auprès des taxis en colère.

Quelque 550 voitures, selon la préfecture de police, ont défilé dans l'après-midi. Un groupe s'est également rendu place de la Concorde, en bas des Champs-Elysées, où ils n'étaient pas autorisés à manifester et les forces de l'ordre sont intervenues, interpellant une centaine de manifestants.

Cette mobilisation a lieu une semaine après que le gouvernement socialiste, en butte à un énième mouvement de colère des taxis, a annoncé des mesures pour lutter contre l'utilisation détournée des licences de chauffeurs de "transports collectifs à la demande" par les plateformes VTC.

Les conducteurs dotés de ces licences ne peuvent en théorie transporter moins de deux passagers.

Le gouvernement a envoyé vendredi des mises en demeure à une vingtaine de plateformes VTC (Uber, SnapCar, Chauffeur-Privé...) pour leur rappeler que ces licences s'appliquent au transport collectif et non particulier.

"On estime à 10.000 à peu près le nombre de personnes (...) qui travaillent en France dans le métier du transport de personnes, à qui aujourd'hui on est en train de dire +finalement vous n'avez plus le droit d'utiliser des plateformes numériques+", a dénoncé mardi Pierre-Dimitri Gore-Coty, directeur général d'Uber pour l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient.

Selon Bertrand Altmayer, président de la plateforme Marcel, "il y a beaucoup de chauffeurs qui ont des familles, qui utilisent cette licence et qui vont se voir priver de boulot du jour au lendemain. Il y a toute une économie derrière, loueurs, assureurs, centres de formation, banques", prévient-il.

Les chauffeurs de taxis, qui doivent souvent s'endetter pour avoir l'autorisation d'exercer, sont ulcérés par l'absence de contrôles des VTC, dont ils dénoncent les dérives commerciales.

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