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03/02/2016 02:12 EST | Actualisé 03/02/2017 00:12 EST

Chaos dans les aéroports pakistanais en raison d'une grève

Le chaos régnait mercredi dans les aéroports pakistanais en raison d'une grève des salariés de la compagnie nationale Pakistan International Airline (PIA), déclenchée par la mort de deux des leurs, tués la veille lors d'une manifestation contre la privatisation de la compagnie.

Tous les vols intérieurs et internationaux de PIA étaient suspendus, et les employés étaient en grève dans les aéroports des principales villes du pays.

A l'aéroport international de Karachi (sud), les manifestants ont déployé des affiches et scandé des slogans contre le Premier ministre Nawaz Sharif, l'appelant à annuler une ordonnance qui a récemment transformé la compagnie publique en "entité commerciale".

La veille, deux employés manifestant devant cet aéroport avaient été tués par balles et plusieurs autres blessés lors de heurts entre protestataires et forces de l'ordre. Ces dernières ont nié avoir ouvert le feu.

La grève intervient en dépit des avertissements du gouvernement contre toute mobilisation. Le Premier ministre avait rappelé que les manifestants encouraient jusqu'à un an de prison, dans le cadre d'une loi restreignant l'activité des syndicats dans les secteurs administrés par l'Etat.

Le président de PIA, Nasir Jaffer, a présenté sa démission suite aux violences de mardi. Mais elle n'a pas encore été acceptée par M. Sharif, selon la porte-parole de la compagnie, Danial Gilani.

"Tout est fermé actuellement et tous les vols sont complètement à l'arrêt", a-t-il précisé à l'AFP.

La compagnie risque de perdre environ quatre millions de dollars par jour, a averti M. Gilani.

La chef de file des manifestants, Sohail Baloch, a assuré à l'AFP que les "manifestations pacifiques continueraient jusqu'à ce que nos exigences soient acceptées."

Les employés ont également indiqué qu'ils donneraient un jour de salaire chacun aux familles de leurs deux collègues tués.

En décembre 2015, Islamabad avait annoncé vouloir céder une partie de la compagnie d'ici juillet, après des années de pertes et de mauvaise gestion qui ont terni sa réputation.

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