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01/02/2016 05:54 EST | Actualisé 01/02/2017 00:12 EST

Syrie: de nouveaux décès dans une région assiégée (ONU)

Huit personnes sont mortes faute d'aide médicale le mois dernier dans une ville syrienne assiégée qui fut le théâtre d'attaques chimiques en 2013, a indiqué l'ONU.

Le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a rapporté dimanche une "détérioration sévère de la situation humanitaire" à Moadamiyat al-Cham, au sud-ouest de Damas.

L'ONU et les organisations humanitaires soulèvent régulièrement le problème des villes syriennes assiégées par le gouvernement, principalement, mais aussi par les rebelles et le groupe Etat Islamique (EI).

Cette question est devenue une pierre angulaire des pourparlers actuels de Genève sur la Syrie depuis que l'opposition refuse toute négociation avec le gouvernement avant la levée des sièges.

Moadamiyat al-Cham, tenue par les rebelles, est assiégée par le gouvernement depuis 2012. En 2014 une trêve avait permis une amélioration des conditions de vie dans la ville.

L'accord avait garanti une certaine liberté de mouvement aux résidents et autorisé le Croissant Rouge à y livrer régulièrement du pain. De l'aide internationale avait aussi pu être livrée en 2015.

Mais l'Ocha rapporte une plus grande difficulté d'accès depuis décembre et des bombardements sporadiques sur la ville qui détériorent les conditions de vie déjà "désespérées".

Les prix de la nourriture et d'autres produits sont montés en flèche ces derniers mois et huit personnes sont mortes d'un manque d'assistance médicale depuis le 1er janvier, selon l'organisation.

Des enfants se trouveraient parmi les victimes mais l'organisation n'a pas précisé leur nombre.

Selon le rapport, l'électricité dans la ville est coupée depuis novembre 2012 et le manque de pétrole force les habitants à brûler du plastique pour se chauffer, causant des problèmes de santé.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé deux fois l'accès à la ville en janvier mais n'y a toujours pas été autorisé, a rapporté l'Ocha.

En août 2013, les Occidentaux avaient accusé le régime d'avoir attaqué à l'arme chimique la localité, tuant des centaines de personnes.

Selon l'ONU, environ 486.700 personnes vivent actuellement dans des régions assiégées en Syrie, des douzaines de personnes y sont mortes de malnutrition et du manque d'assistance médicale.

Près de 75% des demandes de livraison d'aide humanitaire à ces régions faites par l'ONU au gouvernement ont été ignorées, a déclaré le responsable de l'aide de l'ONU.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, sans grand succès, des résolutions demandant la livraison sans entraves de l'aide humanitaire à travers la Syrie.

La situation à Madaya, une ville assiégée par le gouvernement, avait récemment fait de cette question la une de la presse internationale. Selon Médecins Sans Frontières, 46 personnes y seraient mortes de faim depuis décembre.

sah/sk/mer