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01/02/2016 13:31 EST | Actualisé 01/02/2017 00:12 EST

Suspense pour Clinton et Trump avant le premier vote des primaires, dans l'Iowa

Après des mois de campagne, les candidats aux primaires présidentielles américaines se soumettent lundi au verdict des électeurs de l'Iowa, les premiers Américains à voter, une épreuve cruciale pour le nouveau-venu en politique Donald Trump.

Ils devront départager les candidats au sein de chaque parti, démocrate et républicain. Ces partis convoquent à 19H00 locales (01H00 GMT mardi) des "caucus" (réunions) dans 1.681 bureaux de vote chacun.

Les républicains voteront à bulletin secret; les démocrates formeront des groupes par candidat afin de répartir des délégués. Les primaires du New Hampshire suivront la semaine prochaine, puis les autres Etats jusqu'en juin, en vue de la présidentielle de novembre.

Le taux de participation reste comme chaque fois l'inconnue de ce rendez-vous, avec une météo qui pourrait jouer les trouble-fête, des chutes de neige d'entre 5 et 25 cm étant annoncées dans la nuit de lundi à mardi. Le record à battre, pour les démocrates, est de 39,6% en 2008.

Plus de 1.600 journalistes de 18 pays sont inscrits au centre médias ouvert par Microsoft à Des Moines, la capitale, selon un porte-parole.

L'Iowa se bat depuis les années 1970 pour maintenir ce privilège, qui lui permet d'exercer une influence démesurée par rapport à sa population de trois millions d'habitants. La compétition, négligeable pour le nombre de délégués gagnés, sert de filtre, les caucus étant généralement suivis de quelques abandons.

C'est ici que la fortune d'Hillary Clinton, 68 ans, commença à tourner en 2008 contre le victorieux sénateur Barack Obama.

Le président américain a d'ailleurs de "très bons souvenirs" et "se souvient très bien de l'enthousiasme qu'il avait ressenti lorsqu'il avait appris sa victoire dans l'Iowa en 2008", a confié lundi son porte-parole Josh Earnest.

- Donuts et cafés -

Cette année, la nouveauté s'appelle Bernie Sanders, le sénateur du Vermont de 74 ans qui éreinte l'ex-secrétaire d'Etat sur ses liens avec Wall Street et son vote pour la guerre d'Irak en 2002.

L'affaire de la messagerie personnelle d'Hillary, par laquelle ont transité des informations classées secrètes a posteriori, la poursuit aussi, même si Bernie Sanders ne touche pas à cette controverse.

Ce scandale "n'est pas dans les esprits des milliers de gens que j'ai rencontrés ces dernières semaines", s'est défendue la candidate, interrogée lundi sur CNN.

Hillary Clinton a fait son dernier meeting dimanche soir. Lundi, elle a apporté donuts et cafés à ses bénévoles, nerf de la guerre de toute campagne de terrain. La candidate a affirmé que ses équipes avaient frappé à 186.000 portes en trois jours. L'équipe Sanders n'a pas communiqué de chiffre.

"Notre travail aujourd'hui consiste à maximiser la participation. Si on y arrive, on gagne", a dit Bernie Sanders à ses propres bénévoles.

Son étiquette "socialiste démocrate" n'effraie pas les jeunes démocrates, qui l'ovationnent quand il promet une "révolution politique".

Même s'il terminait deuxième, Bernie Sanders pourrait revendiquer une victoire relative: à son entrée en campagne en avril, il recueillait moins de 10% des intentions de vote ici.

Un ultime sondage Quinnipiac montre que ce sont les voix d'électeurs votant pour la toute première fois aux primaires qui devraient aider Donald Trump à conquérir la première place, côté républicain, après sept mois d'une campagne marquée par le rejet des élites politiques.

- Candidats anti-système -

"Les outsiders comme Donald Trump n'ont jamais eu autant de succès que cette année", analyse David Redlawsk, politologue de l'Université Rutgers. "Il y a un désir réel de sortir de la politique habituelle et de trouver des alternatives à ce que les gens voient comme un système en échec".

Donald Trump pourfend "l'establishment" et l'incompétence des dirigeants, promettant qu'avec lui "l'Amérique gagnera tellement que vous en aurez marre de gagner".

Son discours nationaliste, anti-immigrés et "politiquement incorrect" fait recette chez les électeurs désabusés. Il a reçu l'appui de Sarah Palin, ancienne candidate à la vice-présidence en 2008, à ses côtés pour la dernière journée de campagne.

"Nous sommes à la tête d'un mouvement", s'est-il félicité lors d'un meeting à Cedar Rapids.

Mais le magnat, trois fois marié, divise la droite religieuse, qui a aidé à couronner les deux derniers vainqueurs des "caucus" de l'Iowa en 2008 et 2012.

Beaucoup d'électeurs évangéliques ont choisi le sénateur du Texas Ted Cruz, créature du Tea Party. Détesté au Congrès pour son obstruction permanente, il fait campagne contre "le cartel de Washington".

Troisième homme, le télégénique sénateur de Floride Marco Rubio, d'origine cubaine comme Ted Cruz, veut faire le pont entre l'aile évangélique du parti républicain et les modérés. Un score supérieur à 17%, estimation du dernier sondage Quinnipiac, affirmerait sa place hors du peloton des neuf autres candidats.

ico/are