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01/02/2016 03:12 EST | Actualisé 01/02/2017 00:12 EST

Six ans de prison pour une Britannique partie rejoindre l'EI en Syrie

Une Britannique de 26 ans a été condamnée à six ans de prison lundi pour avoir rejoint avec son fils de 14 mois l'organisation de l'État islamique (EI) en Syrie, un cas présenté comme une première au Royaume-Uni.

Tareena Shakil avait été interpellée par la police britannique à son retour au Royaume-Uni, à l'aéroport d'Heathrow, en février 2015. Selon les médias britanniques, elle est la première Britannique revenant des territoires contrôlés par le groupe jihadiste à être condamnée au Royaume-Uni.

Lors du procès, qui s'est tenu pendant deux semaines à Birmingham, au centre de l'Angleterre, elle a dit s'être rendue en Syrie en octobre 2014 seulement parce qu'elle souhaitait "vivre sous la charia" (loi islamique).

Mais le jury l'a reconnue coupable à l'unanimité vendredi d'avoir été "membre d'une organisation interdite entre le 23 octobre 2014 et le 9 janvier 2015", après avoir vu plusieurs de ses tweets, messages et photographies la reliant clairement à l'EI.

Elle a également été reconnue coupable d'incitation à des actes terroristes.

Sur l'une des photos, elle a fait poser son fils, âgé de 14 mois au moment de leur départ, en lui faisant porter une cagoule portant les insignes de l'Etat islamique.

"Vous avez emmené votre enfant en bas âge en Syrie en sachant très bien qu'on allait l'instrumentaliser et l'endoctriner et que son avenir allait être celui d'un combattant de l'EI. Vous avez autorisé qu'il soit photographié à côté d'une kalachnikov", a tranché le juge Melbourne Inman en donnant le verdict.

Le juge a rappelé que l'accusée avait déclaré à son beau-frère que tuer des apostats faisait partie de sa foi. Elle a également annoncé à son père mi-décembre 2014, alors qu'elle se trouvait toujours en Syrie, qu'elle voulait "mourir ici en martyre".

Accusée d'avoir encouragé d'autres Britanniques à la rejoindre en Syrie, elle s'est elle-même radicalisée sur internet lors de conversations avec des jihadistes.

Au cours de son procès, Tareena Shakil a dit "avoir fait une erreur" d'où sa fuite de Syrie au début de l'année dernière.

Après avoir rejoint en bus la frontière entre la Syrie et la Turquie, elle a dû courir avec son fils pendant un kilomètre pour semer une patrouille de l'EI avant de se rendre à l'armée turque, a-t-elle raconté.

jk/ros