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01/02/2016 07:07 EST | Actualisé 01/02/2017 00:12 EST

Opération caméra cachée d'une ONG pour dénoncer l'argent sale aux Etats-Unis

L'ONG Global Witness a mené des entretiens en caméra cachée avec 13 avocats new-yorkais pour dénoncer la facilité avec laquelle de l'argent potentiellement sale peut être transféré et géré aux Etats-Unis grâce à des sociétés-écrans.

Un membre de cette ONG s'est fait passer pour le représentant d'un ministre d'un pays de l'Afrique de l'Ouest ayant accumulé plusieurs millions de dollars en marge de concessions minières et souhaitant les transférer en toute discrétion aux Etats-Unis pour acheter un jet privé, un yacht ou une maison.

"Nous avons délibérément créé une situation qui fait naître des soupçons", explique Global Witness sur son site internet.

La totalité des avocats sondés --à l'exception d'un seul-- se sont pourtant montrés bienveillants et ont suggéré à leur faux client de créer des sociétés anonymes aux Etats-Unis afin de dissimuler le patrimoine du ministre, assure l'organisation.

"Vous créez une société au Delaware qui sera propriétaire du bien immobilier", indique l'un d'eux dans ces conversations filmées à leur insu et diffusées par Global Witness.

Plusieurs Etats américains, dont le Delaware, offrent la possibilité de créer des sociétés-écrans sans que le nom de leur bénéficiaire ultime ne soit connu et communiqué aux autorités.

"C'est un des endroits dans le monde où on peut faire ça légalement", estime Global Witness.

Des élus du Congrès et des ONG militent pour mettre fin à ce mécanisme qui aurait été utilisé par des trafiquants de drogue ou d'armes pour blanchir de l'argent sale.

Au cours de ces entretiens, plusieurs avocats sondés ont même été jusqu'à proposer que l'argent du faux ministre africain transitent sur les comptes bancaires de leur cabinet afin de ne pas éveiller les soupçons des autorités.

Seul l'un d'eux a sèchement éconduit le faux représentant. "Ce n'est pas pour moi, mes standards sont plus élevés", déclare l'avocat Jeffrey Herrmann, qui refuse également d'orienter son faux client vers ses confrères.

"Ils se sentiraient insultés", lâche-t-il.

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