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01/02/2016 03:56 EST | Actualisé 01/02/2017 00:12 EST

L'armée israélienne bloque l'accès à Ramallah aux non-résidents

L'armée israélienne a interdit lundi l'accès de Ramallah aux non-résidents au lendemain d'une attaque contre des soldats, compliquant encore la vie quotidienne en Cisjordanie occupée.

C'est la première fois que l'armée prend une telle mesure pour la ville où siège le pouvoir palestinien, depuis le début en octobre de la vague actuelle de violences.

Cette série d'attaques anti-israéliennes quasiment quotidiennes s'est poursuivie lundi: un Palestinien, identifié par la police palestinienne comme Ahmed Toba, âgé de 17 ans, a tenté de poignarder des soldats israéliens qui s'apprêtaient à le contrôler près de la colonie de Salit en Cisjordanie, a indiqué l'armée israélienne. "Face à la menace immédiate, les soldats l'ont abattu", a-t-elle dit.

La veille, un membre de la sécurité palestinienne, Amjad Souukkari, avait ouvert le feu sur des soldats israéliens et blessé trois d'entre eux au checkpoint de Beit-El, juste à l'entrée de Ramallah. Il a été abattu.

Cet attentat semble avoir alarmé l'appareil sécuritaire israélien car il lui fait craindre que les Palestiniens autorisés à porter une arme à feu ne s'en servent contre des Israéliens.

Amjad Soukkari, âgé d'une trentaine d'années, était un garde du corps du procureur général de l'Autorité palestinienne.

La plupart des attaques menées ces quatre derniers mois contre des civils, des soldats ou des policiers israéliens ont été le fait de Palestiniens isolés, jeunes voire très jeunes, et armés de couteaux.

Le checkpoint de Beit-El, ainsi que les autres donnant sur le nord de la Cisjordanie occupée, étaient fermés lundi matin, à l'exception d'un seul, ont constaté des journalistes de l'AFP. Là, de longues files de véhicules, contrôlés un à un par des soldats israéliens, attendaient de passer.

Même si l'annonce de l'armée israélienne ne mentionnait spécifiquement que les entrées dans Ramallah, ce nouveau tour de vis paraissait surtout affecter les sorties, provoquant la frustration chez les automobilistes bloqués.

- "Je ne passerai pas" -

"Combien de temps cela va-t-il durer?", se demandait Aline, une Palestinienne d'une trentaine d'années passagère des taxis jaunes caractéristiques. "A chaque fois que quelqu'un tire sur les soldats israéliens, ce n'est pas le président (palestinien) qui souffre, ce sont les gens normaux", se désole-t-elle.

L'armée israélienne semblait cependant appliquer diversement ces restrictions car le trafic semblait s'écouler relativement normalement vers le Sud et Jérusalem.

L'interdiction d'entrée aux non-résidents de Ramallah s'appliquait aussi aux étrangers. Dans les faits, les diplomates ou les humanitaires, nombreux à s'y rendre chaque jour, paraissaient circuler sans encombre, ont indiqué plusieurs d'entre eux à l'AFP.

Mais les limitations aux déplacements des Palestiniens "ont un impact sur notre capacité à entretenir les relations", a relevé un diplomate occidental. "Un certain nombre de réunions ont été annulées parce que nos interlocuteurs palestiniens n'ont pas pu venir".

Mahdi Zaïd, lui, a dû descendre au checkpoint du bus qui devait l'emmener de Ramallah à Naplouse. Un premier soldat israélien "a commencé par prendre mes papiers, il les a contrôlés, me les a rendus et tout était bon, jusqu'à ce qu'un autre n'arrive, ne prenne mes papiers, s'éloigne cinq ou dix minutes et revienne me dire que je ne passerais pas", relate le jeune homme de 28 ans.

"Je devais passer un examen d'embauche. Cela faisait un an que j'attendais ça", dit-il avec fatalisme.

L'interdiction d'accès aux non-résidents sera maintenue en fonction de l'évaluation de la situation par les forces israéliennes, a annoncé une porte-parole de l'armée.

Ces restrictions sont le reflet des éprouvantes entraves aux mouvements rencontrées au quotidien par les Palestiniens en Cisjordanie, a fortiori depuis le début des violences en cours.

Ces dernières ont fait 161 morts palestiniens, 25 israéliens, un américain et un érythréen depuis le 1er octobre, selon un décompte de l'AFP. La majorité des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques.

bur-lal/jri