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31/01/2016 19:37 EST | Actualisé 31/01/2017 00:12 EST

Justin Trudeau inaugure un nouveau format de communication avec ses concitoyens

Justin Trudeau, adepte de selfies et de proximité avec ses concitoyens, a inauguré dimanche soir un format inédit de communication pour un premier ministre canadien, lors d'une émission de la chaîne publique CBC.

Dix Canadiens, sélectionnés par CBC dans tout le pays, ont eu droit chacun à un entretien de 10 minutes en tête à tête avec le Premier ministre dans son bureau pour lui poser les questions qui leur tenaient à coeur.

Des extraits de ces 10 conversations ont ensuite été présentés dimanche soir au cours de cette émission baptisée "face à face", réalisée dans les locaux du Parlement devant un public. Le Premier ministre, qui était présent, a également été soumis à des questions de suivi du présentateur vedette de la chaîne Peter Mansbridge, après chaque extrait.

M. Trudeau, arrivé au pouvoir le 4 novembre dernier et qui approche de ses 100 premiers jours à la tête du pays, s'est prêté de bonne grâce à cet exercice.

Mais il a fait face à des questions exigeantes, auxquelles il a parfois peiné à donner des réponses satisfaisantes pour ses interlocuteurs. Ainsi un ex-employé du secteur manufacturier de 58 ans ayant perdu son emploi et craignant de se retrouver à la rue est sorti du bureau du Premier ministre en se déclarant mécontent de ses réponses. M. Trudeau lui avait fait valoir que le gouvernement ne peut pas tout faire.

Il s'est aussi employé à rassurer sur son avenir un travailleur de l'industrie pétrolière de l'ouest du pays, durement affectée par la baisse du prix du pétrole, en invoquant la "diversification" nécessaire de l'économie canadienne et les futurs emplois que devraient susciter son programme d'investissement dans les infrastructures.

Le Premier ministre a aussi affirmé à un chasseur inuit du Nunavut, soucieux de la souveraineté canadienne sur le Grand Nord, que "le passage du Nord-Ouest est canadien" et que le Canada était prêt à assumer ses responsabilités pour la protection de cet environnement "fragile".

A une jeune mère amérindienne qui s'inquiétait des violences et disparitions dont sont victimes de nombreuses femmes autochtones, M. Trudeau a déclaré que "les vies autochtones comptent", reprenant ainsi le slogan du mouvement de protestation contre les violences policières envers les noirs aux Etats-Unis.

Il a d'autre part réaffirmé sa volonté de retirer les avions de chasse canadiens engagés dans la coalition contre le groupe Etat islamique (EI), tout en affirmant que son pays "demeurerait un participant important dans la coalition".

En organisant ce qu'elle a qualifié de "nouvelle façon d'interviewer le Premier ministre", la chaîne CBC avait voulu "prendre au mot" M. Trudeau qui avait fait campagne en promettant d'être transparent et accessible, après 10 années d'une communication verrouillée sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

M. Trudeau a montré dès son arrivée à la tête du pays l'importance qu'il accorde à la communication et le souci de projeter une image de proximité avec ses concitoyens.

Misant sur sa jeunesse et son charisme, il a multiplié les selfies, jusque dans les réunions internationales, ainsi que les contacts informels avec la population, allant à la rencontre de ses concitoyens dans le métro ou accueillir en personne le premier contingent de réfugiés syriens reçu au Canada.

A l'issue de l'émission, il s'est déclaré ravi de l'exercice tout en reconnaissant qu'il avait été difficile et s'est dit déterminé à poursuivre le dialogue avec ses compatriotes.

ps/jr