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01/02/2016 06:43 EST | Actualisé 01/02/2017 00:12 EST

Egypte: un caricaturiste moquant le président relâché au terme d'une garde-à-vue

Un caricaturiste moquant entre autres le président égyptien a été relâché lundi sans être inculpé 24 heures après avoir été arrêté par la police au Caire pour avoir "administré un site internet sans autorisation", ont indiqué des sources judiciaires.

Le régime du chef de l'Etat Abdel Fattah al-Sissi est accusé par les organisations de défense des droits de l'Homme et l'ONU de réprimer sévèrement toute opposition depuis qu'il a destitué en 2013 l'islamiste Mohamed Morsi, premier président élu démocratiquement en Egypte.

Dimanche, la police avait arrêté Islam Gawish sur son lieu de travail, le ministère de l'Intérieur l'accusant d'administrer un site internet d'information sans les autorisations nécessaires.

Son arrestation avait déclenché une vive campagne de protestation dans les réseaux sociaux, plusieurs petits mouvements d'opposition dénonçant les "restrictions de la liberté d'opinion et d'expression" par un "Etat policier".

M. Gawish a été remis en liberté lundi après-midi sans qu'aucun chef d'inculpation ne soit retenu", a indiqué à l'AFP un responsable du parquet du Caire qui a requis l'anonymat. "Il a été libéré après avoir été interrogé", a confirmé à l'AFP son avocat, Ahmed Abdel Rahmane.

M. Gawish publie ses caricatures --moquant parfois le président Sissi ou des responsables de son gouvernement-- sur une page Facebook suivie par plus de 1,6 million d'utilisateurs. Il dispose en outre d'un site Internet.

Il avait été arrêté six jours après le cinquième anniversaire du soulèvement populaire du 25 janvier 2011 qui entraîna la chute de l'ancien président Hosni Moubarak dans la lignée des printemps arabes.

Les Egyptiens sont censés commémorer chaque année la "Révolution du 25 janvier" mais tout rassemblement avait été interdit et de nombreuses figures ou militants encore libres des mouvements laïcs et libéraux qui avaient mené la révolte de 2011 avaient été arrêtés.

Dans les mois qui avaient suivi l'éviction de M. Morsi le 3 juillet 2013, plus de 1.400 manifestants islamistes réclamant son retour avaient été tués par policiers et soldats et plus de 15.000 étaient emprisonnés. Des centaines, dont M. Morsi, ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs vivement dénoncés notamment par l'ONU.

La répression, d'abord limitée aux Frères musulmans de M. Morsi, s'était ensuite rapidement étendue aux mouvements laïcs et de gauche qui avaient mené la révolte de 2011.

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