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01/02/2016 06:32 EST | Actualisé 01/02/2017 00:12 EST

Dopage: l'Etat espagnol condamné à verser 720.000 euros à Roberto Heras

L'Etat espagnol a été condamné à dédommager l'ancien cycliste Roberto Heras à hauteur de plus de 720.000 euros pour sa suspension entre 2006 et 2008, annulée depuis, selon une décision de justice rendue la semaine dernière et que l'AFP s'est procurée.

L'Audience nationale, juridiction spécialisée notamment dans les grandes affaires financières, estime dans sa décision que "la quantité à indemniser s'élève à un total de 724.904,86 euros", correspondant à ce qu'aurait dû toucher le cycliste espagnol pendant la durée de sa suspension.

Après un contrôle positif à l'EPO en septembre 2005 à l'issue d'une étape du Tour d'Espagne cycliste, Roberto Heras avait vu sa victoire dans la Vuelta annulée et avait été suspendu pour deux ans par la fédération espagnole, entraînant sa retraite prématurée.

Ces sanctions avaient été définitivement annulées en 2012 par la justice espagnole, en raison d'irrégularités dans la réalisation des analyses d'urine.

La chambre de contencieux administratif de l'Audience nationale, présidée par la juge Berta Santillan Pedrosa, a jugé l'Etat espagnol responsable de cette erreur et l'a condamné à verser l'indemnisation.

Les avocats de l'Etat ont jusqu'au 8 février pour se pourvoir en cassation.

Le cycliste et son entreprise Bejar&Barcycling Sport SL, qui gérait ses droits à l'image, avaient porté plainte contre l'Etat le 21 janvier 2015, réclamant plus d'un million d'euros d'indemnisation pour compenser le manque à gagner entraîné par la sanction.

Roberto Heras, aujourd'hui âgé de 42 ans, est le seul coureur à avoir remporté quatre fois la Vuelta, en 2000, 2003, 2004 et 2005.

La décision de l'Audience nationale apparaît comme un revers juridique pour la lutte antidopage en Espagne, un pays qui a souvent été accusé de laxisme sur cette question avant de durcir sa législation.

En 2013, le jugement en première instance de l'affaire de dopage sanguin Puerto avait également laissé sur leur faim les autorités antidopages. Un tribunal de Madrid doit d'ailleurs se prononcer dans les prochaines semaines sur les recours déposés contre ce jugement et notamment examiner le souhait des instances internationales de pouvoir faire analyser les quelque 200 poches de sang de sportifs impliqués dans le scandale, dont très peu ont été identifiés à ce jour.

av/jed/dhe