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01/02/2016 08:34 EST | Actualisé 01/02/2017 05:12 EST

Chine: une start-up veut révolutionner le contrôle mondial de la pollution

ChinaFotoPress via Getty Images
SHANGHAI, CHINA - DECEMBER 08: (CHINA OUT) Buildings at Lujiazui are shrouded in smog on December 8, 2013 in Shanghai, China. Heavy smog has been lingering in northern and eastern parts of China since last week, disturbing the traffic, worsening air pollution and forcing the closure of schools. (Photo by ChinaFotoPress/ChinaFotoPress via Getty Images)

Une start-up étrangère basée en Chine se propose de révolutionner le contrôle mondial de la pollution atmosphérique grâce à un boîtier individuel relié à un «big data» permettant en outre de fournir des prévisions de la qualité de l'air sur des milliers de villes dans le monde.

«Le but est de fournir les outils et les informations directement aux populations pour qu'elles puissent se protéger de la pollution», déclare Yann Boquillod, le fondateur français de la start-up Airvisual.

Cet ingénieur de formation, installé depuis 17 ans en Chine - «un pays qu'on aime, mais où l'on voudrait vivre en bonne santé», dit-il - a monté Airvisual avec une dizaine d'autres ingénieurs et passionnés de la qualité de l'air de plusieurs nationalités, sous statut d’«entreprise sociale», une entreprise d'intérêt général non tournée vers le profit, mais vers l'émergence d'une «communauté» internationale d'acteurs sensibilisés à la pollution de l'air.

Partant du constat que beaucoup de villes dans le monde sont faiblement ou pas du tout dotées de systèmes de mesure de la pollution atmosphérique, les ingénieurs d'Airvisual ont mis au point un boîtier, le «Airvisual Node», concentré de technologie qui, basée sur le laser, mesure précisément et en temps réel le niveau de pollution de l'air - chez soi comme à l'extérieur - en PM 2,5, ces particules fines dont le diamètre, inférieur à 2,5 microns, les rend particulièrement dangereuses en pénétrant profondément dans les poumons.

Via le Wi-Fi, le boîtier est relié à un système d'ordinateurs «big data» dont le logiciel - un algorithme mis au point par Airvisual - «permet de dresser une carte mondiale en temps réel de la pollution» consultable par tout un chacun, via notamment une application pour téléphones intelligents, déjà consultée par des dizaines de milliers d'utilisateurs.

Cette carte, déjà disponible sur le site d'Airvisual, se fonde actuellement sur les données officielles fournies par quelque 5000 villes dans le monde. Elle permet de fournir des prévisions sur la qualité de l'air sur trois jours dans ces villes.

Mais l'acquisition attendue du boîtier par des milliers d'utilisateurs devrait permettre d'en décupler la précision et d'aller vers une couverture mondiale du phénomène, notamment sur des continents encore largement dépourvus comme l'Afrique ou l'Amérique latine, et d'en déceler les tendances à l'aggravation ou à l'amélioration.

«En créant ce mouvement, on doit parvenir à complémenter et enrichir les sites gouvernementaux» et permettre aux populations comme aux autorités d'avoir «une bien meilleure visibilité» d'un phénomène de plus en plus considéré comme un fléau sanitaire.

Airvisual a lancé lundi sa première opération de sociofinancement, un financement participatif qui doit lui permettre de financer la production à grande échelle de son boîtier, développé en Chine, qui doit être commercialisé à 199 dollars dans le monde.